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Frère Estephan Nehmé

23 June 2017 Saints


Frère Estephan Nehmé

« Dieu me voit »
« Heureux celui qui s’est orné de la science qui conduit à Dieu »
« L’Amour n’a pas besoin de science, parce qu’il provient du cœur »ce sont quelques propos de lui le plus célèbres.

Il est Youssef, fils d’Estephan et de Christina Badwi Hanna Khaled du village de Léhféd- Jbeil. Il est né en mars 1889. Il est le cadet d’une famille formée de quatre garçons : Sarkis, Nimatullah, Haykal et Youssef, et de deux filles : Toufika et Froussina.
Il a été élevé dans un milieu villageois et agricole, mais il a appris la lecture et l’écriture, à l’école de Notre Dame des Grâces, à Saki-Rechmaya, aux environs de son village natal, et appartenant à l’Ordre Libanais Maronite.
Source du Blaireau
Un Jour, Youssef (frère Estephan) gardait ses vaches dans les champs voisins. Soudain, il vit un petit blaireau, il le poursuivit ; mais celui-là entra dans une grotte creusée dans le terrain. Youssef remarqua qu’il y avait des traces d’eau. Alors il creusa, l’eau jaillit du fond de la grotte, comme une source connue aujourd’hui sous le nom de « Source du Blaireau ».
Son entrée au Noviciat
En 1905, deux ans après le décès de son père, il entra au Noviciat de l’Ordre Libanais Maronite, au monastère des saints Cyprien et Justine – Kfifane, au temps de l’homme de Dieu, père Ighnatios Dagher Tannouri qui était maître des novices. Deux ans plus tard le 23 Août 1907, il prononça ses vœux monastiques et prit le nom d’Estephan, patron de son village natal, et l’homonyme de son père. Et il fut désigné parmi les frères convers.
Son service dans l’Ordre
Frère Estephan a passé sa vie dans l’Ordre, travaillant dans les jardins et les champs des monastères, où il résidait : monastère Notre Dame – Maïfouq, monastère saint Antoine – Houb, monastère saint Chalita – El-Qottara, monastère saint Maron – Annaya, monastère Notre Dame des Secours – Jbeil et monastère des saints Cyprien et Justine – Kfifane. Dans tous ces monastères, il était en charge de chef du champ en plus de son travail de charpentier et constructeur; il travaillait avec les moines ses confrères et les ouvriers, en silence, avec amour et respect. Tous ont témoigné de sa droiture et de son honnêteté. Il était partout le disciple fidèle du Seigneur Jésus Christ, en reflétait sa figure, et transmettait la Bonne Nouvelle à tous ceux qui vivaient avec lui.
Il n’a jamais connu l’oisiveté. Il vivait selon les constitutions de l’ordre libanais maronite et sa spiritualité en toute fidélité, imitant les saints moines, en partageant son temps entre le travail et la prière, jusqu’à sa mort le 30 Août 1938 à l’âge de 48 ans. Il fut inhumé au monastère de Kfifane. Son corps est gardé sain et sauf. La cause de béatification a été présentée le 27 Novembre 2001. Le Pape Benoît XVI a proclamé ses vertus héroïques, le 17 décembre 2007. Il sera le quatrième après ses frères: Charbel, Rafqa et Nimatullah, fils de l’Ordre Libanais Maronite.
Spiritualité de frère Estephan
Il ne cessait de répéter : « Dieu me voit ».
Il s’est distingué par sa présence silencieuse qui reflétait sa vie dissimulée avec le Christ. Il vivait avec patience ses peines, bien qu’il n’ait jamais été malade ! Il jouissait d’une forte construction corporelle, il ne demandait qu’à vivre en présence du Seigneur qui voit tout ! Cela se reflétait en vivacité dans son travail. Il était prudent, juste, donnant à chacun son droit. C’est pourquoi il a gagné le respect et l’amour de tous ceux avec qui il travaillait. C’était un homme de prière et un disciple de la terre qui lui était une école de sainteté et une source de spiritualité.
Il connaissait l’importance de la terre et sa vraie valeur. Il s’est appliqué, jusqu’à pétrir la terre par la sueur de son front. Il s’efforçait avec acharnement pour atteindre l’échelle de la perfection monastique, pour rencontrer la Lumière de la Parole éternelle. Sa vie reflétait une maxime libanaise célèbre « un laboureur satisfait est un Sultan caché ». Il se levait avant la pointe de l’aurore, pour prier et travailler, prenant l’exemple de Jésus Christ, notre Maître et Seigneur.
Son visage reflétait l’innocence, la sagesse, la paix et l’amour. Les yeux brillaient de la lumière de l’Evangile et de la foi. Son sourire lumineux ne quittait jamais ses lèvres.
Son cœur doux était fort comme les rochers, il était tendre plein d’amour, de pitié, d’affection et de générosité. Silencieusement, il contemplait les épis de blé et les fruits des champs. A chaque fois qu’il regardait le soleil, il aspirait au bonheur rayonnant de la face du Christ dans toute sa gloire et sa bonté splendide et il élevait sa vie de pierre en pierre sur une base solide comme il pavait les pierres des champs.
Outils de son travail quotidien
Les outils ordinaires de son travail quotidien, étaient l’aiguillon, la scie, le pic, le levier, le fauchon, le marteau et l’ébauchoir etc. dont il se servait pour exécuter ses différents projets, à l’intérieur du monastère, ou dans les champs tout autour. Il prenait soin de tous ses outils, et s’en servait avec dévotion et respect très profond, puisqu’ils lui étaient indispensables. Mais frère Estephan utilisait d’autres outils, d’ordre spirituel, tels que la parole de l’Évangile, la prière, la méditation, le chapelet, l’office divin et la messe, en communauté. Sa vie entière devenait ainsi un grand acte d’amour, un généreux don de soi total à Dieu et un véritable acheminement vers le ciel sans retour.
Il n’a jamais reculé d’un pas devant les vents violents, qui s’étaient déchaînés au Liban durant la première guerre mondiale. Il a porté sa croix renonçant à lui-même et suivant son Maître, sans hésitation et avec pleine confiance. C’est pourquoi, Dieu l’a élevé et Il l’élèvera encore plus haut, sur les autels de l’Église entière, comme Bienheureux et Saint patron de l’Église, de l’Ordre, du Liban et de tous les ouvriers du monde entier.
Sommaire
Le père Antonios Nehmé Supérieur du monastère a noté dans les éphémérides du monastère, juste après la mort de Frère Estephan Nehmé, le petit sommaire suivant: « A quitté cette vie passagère le mardi trente août à sept heure du soir, le frère Estephan Nehmé, le Léhfédiote, était un frère convers actif, zélé dans l’intérêt du monastère, ayant une constitution forte, un organisme sain, paisible, loin des querelles, tempéré, expert en travaux manuels, s’acquittant de ses obligations et observant ses vœux, accomplissant tout ce qui lui a été confié de façon impeccable’’.


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