Dans son dessein de salut, Dieu a disposé que son Fils non seulement « mourrait pour nos péchés » (1 Co 15, 3) mais aussi qu’il « goûte la mort », c’est-à-dire connaisse l’état de mort, l’état de séparation entre son âme et son corps, durant le temps compris entre le moment où il a expiré sur la croix et le moment où il est ressuscité.
Cet état du Christ mort est le mystère du sépulcre et de la descente aux enfers. C’est le mystère du Samedi Saint où le Christ déposé au tombeau manifeste le grand repos sabbatique de Dieu après l’accomplissement du salut des hommes qui met en paix tout l’univers.
Le Christ au sépulcre en son corps
Le séjour du Christ au tombeau constitue le lien réel entre l’état passible du Christ avant Pâques et son actuel état glorieux de ressuscité. C’est la même personne du « Vivant » qui peut dire :
« J’ai été mort et me voici vivant pour les siècles des siècles » (Ap 1, 18).
« Tel est le mystère de l’économie de Dieu concernant la mort et la résurrection d’entre les morts de son Fils : il n’a pas empêché la mort de séparer l’âme du corps, selon l’ordre nécessaire de la nature, mais il les a réunis de nouveau l’un à l’autre par la Résurrection, afin d’être lui-même en sa personne le point de rencontre de la mort et de la vie, en arrêtant en lui la décomposition de la nature produite par la mort et en devenant lui-même principe de réunion pour les parties séparées » (saint Grégoire de Nysse).
Puisque le « Prince de la vie » qu’on a fait mourir (Ac 3, 15) est bien le même que le « Vivant qui est ressuscité » (Lc 24, 5-6), il faut que la personne divine du Fils de Dieu ait continué à assumer son âme et son corps séparés entre eux par la mort :
« Bien que le Christ, en tant qu’homme, se soit soumis à la mort et que sa sainte âme ait été séparée de son corps très pur, sa divinité n’a été séparée ni de l’une ni de l’autre. Par le fait qu’à la mort du Christ l’âme a été séparée de la chair, la personne unique ne s’est pas trouvée divisée en deux personnes ; car le corps et l’âme du Christ ont existé au même titre dès le début dans la personne du Verbe ; et dans la mort, quoique séparés l’un de l’autre, ils sont restés chacun avec la même et unique personne du Verbe » (saint Jean Damascène).
« Tu ne laisseras pas ton saint voir la corruption »
La mort du Christ a été une vraie mort en tant qu’elle a mis fin à son existence humaine terrestre. Mais à cause de l’union que la personne du Fils a gardée avec son corps, celui-ci n’est pas devenu une dépouille mortelle comme les autres, car « il n’était pas possible qu’il fût retenu en son pouvoir » (Ac 2, 24),
et c’est pourquoi « la vertu divine a préservé le corps du Christ de la corruption ». Du Christ on peut dire à la fois : « Il a été retranché de la terre des vivants » (Is 53, 8) ;
et : « Ma chair reposera dans l’espérance que tu n’abandonneras pas mon âme aux enfers et ne laisseras pas ton saint voir la corruption » (Ac 2, 26-27).
La Résurrection de Jésus « le troisième jour » (1 Co 15, 4 ; Lc 24, 46) en était la preuve, aussi parce que la corruption était censée se manifester à partir du quatrième jour (cf. Jn 11, 39).
Catéchisme de l’Église catholique, n° 624-627





