Litanie à la Vierge Marie : « Nous t’adorons, ô notre Créateur »
La litanie de la Vierge Marie « Nous t’adorons, ô notre Créateur » (Nasjoudou laka ya Bârîna) fait partie des prières et des chants marials par lesquels les fidèles se tournent vers la Vierge Marie pour demander son intercession et son aide. Elle contient une louange de la Vierge Marie, une méditation sur sa place dans le mystère du salut, puis une série de demandes qui reprennent le refrain « Nous te prions, ô Marie ».
Le chant en arabe
نسجد لك يا بارينا إذ قد أنعمت علينا
بالبتول النقيّة مريم.
فهي في كلّ حين تشفع فينا.
طوباك يا بنت الآب، وأمّ الابن حقًّا يقينًا،
وعروس الروح القدس، نحوك نرفع أيادينا.
الأنبياء عليك تنبّأوا، وداود جدّك ينبينا،
بأنّ منك يولد يسوع، ابن الله كي يفدينا.
أنتِ هي جزّة جدعون، ندى السماوات أعطينا،
أنتِ سلاح ربّ القوات، به نقهر أعادينا.
دانيال قد أبصرك جبلًا عاليًا وحصينًا،
قد حلّ الإله عليك، وملأك نورًا أمينًا.
بك كملت الأسرار، وانعتق آدم أبونا.
نطلب منك يا مريم، من الشيطان نجّينا.
نطلب منك يا مريم، من الآثام وقينا.
نطلب منك يا مريم، من الطاعون خلّصينا.
نطلب منك يا مريم، باركي ثمار أراضينا.
نطلب منك يا مريم، اشفي المرضى الموجعين.
نطلب منك يا مريم، أعيني الموتى المؤمنين.
نطلب منك يا مريم، كهنة قدّيسين أعطينا.
عليكِ سلام الله دائمًا، يا أمّ يسوع فادينا.
Sens du chant
Nous t’adorons, ô notre Créateur, car tu nous as fait don de la Vierge très pure, Marie, qui intercède pour nous en tout temps.
Bienheureuse es-tu, Fille du Père, vraie et certaine Mère du Fils, et Épouse de l’Esprit Saint : vers toi nous levons les mains.
Les prophètes ont annoncé ta venue, et David, ton ancêtre, nous a fait savoir que de toi naîtrait Jésus, le Fils de Dieu, pour nous racheter.
Tu es la toison de Gédéon : donne-nous la rosée des cieux. Tu es l’arme du Seigneur des armées, par laquelle nous vainquons nos ennemis.
Daniel t’a vue comme une montagne haute et imprenable ; Dieu est descendu sur toi et t’a remplie d’une lumière fidèle.
En toi les mystères se sont accomplis, et Adam, notre père, a été délivré.
Nous te prions, ô Marie
Nous te prions, ô Marie : délivre-nous du démon.
Nous te prions, ô Marie : garde-nous du péché.
Nous te prions, ô Marie : sauve-nous de la peste.
Nous te prions, ô Marie : bénis les fruits de nos terres.
Nous te prions, ô Marie : guéris les malades qui souffrent.
Nous te prions, ô Marie : viens en aide aux fidèles défunts.
Nous te prions, ô Marie : donne-nous de saints prêtres.
Que la paix de Dieu soit toujours sur toi, ô Mère de Jésus notre Rédempteur.
Souvenirs autour de cette litanie
Chaque fois que nous chantons cette litanie à la Vierge Marie à la prière de notre monastère, je me sens, malgré moi, transporté en imagination vers une belle étape de ma vie avant le monastère, au temps de ma jeunesse, quand j’étais membre de la confrérie de la Vierge Marie dans notre paroisse.
Pendant l’office de la confrérie, arrivés à ce chant, je m’imaginais face à face avec la Vierge Marie, tant le président de la confrérie et ses membres le chantaient avec ferveur.
De leurs cœurs bons, avec une humilité mariale et une fierté villageoise, leurs voix s’élevaient en chant, en joie et en supplication vers Marie, leur Mère, Reine du très saint Rosaire et Reine conçue sans péché.
Ce qui me touchait le plus, et c’est là l’essentiel, c’était la manière dont ils ouvraient les mains, d’abord en chantant « vers toi nous levons les mains », puis en répétant les demandes « Nous te prions, ô Marie ».
Ils avaient pleine confiance que Marie était là, devant eux, et qu’elle les écoutait. Ils ne l’avaient pas appris dans les livres : ils avaient grandi avec cette foi, reçue de leurs pères et de leurs grands-pères, et ils la gardaient comme des parents gardent leurs enfants.
C’était une scène céleste et mariale, jaillie de cœurs qui ne connaissaient que l’amour, la bonté et la beauté.
La plupart de ces braves gens sont partis vers la maison du ciel, pour chanter éternellement l’hymne de la gloire et de l’éternité.
Et moi, tel que je suis aujourd’hui, je m’incline devant eux, eux qui sont mes parents, mes proches et les chers habitants de mon village, pour leur dire :
« J’ai appris de vous et du témoignage de votre vie autant que ce que j’ai appris des livres et de la vie… Vous êtes une bénédiction ici-bas et au ciel. »
Les plus beaux moments, mes amis.
Père Joseph Abi Aoun





