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L’histoire de la fête de la Croix

L’histoire de la fête de la Croix

† La sainte Croix est l’un des signes dont le chrétien est fier, et cela se voit dans sa vie quotidienne : il fait le signe de la croix en tout temps, dans les joies, les peines et les souffrances.
Le récit de la découverte du bois de la sainte Croix : la fête de l’Exaltation de la sainte Croix est liée au souvenir de la découverte du bois de la croix sur laquelle fut suspendu le Seigneur Jésus-Christ, devenu symbole de la rédemption, de la résurrection et de la gloire.
Les Évangiles nous rapportent que les Juifs demandèrent à Pilate de crucifier Jésus, et que le Christ sortit en portant sa croix vers le lieu appelé Golgotha. Il est établi que Jésus mourut sur la croix, et qu’après sa mort Joseph d’Arimathie, avec la permission du gouverneur Ponce Pilate, se chargea de descendre le corps du Christ et de le déposer dans son propre tombeau neuf.

Mais qu’est-il advenu de la croix du Christ ? On l’enfouit dans la terre avec les deux autres croix, et à cause des persécutions subies par les chrétiens pendant les trois premiers siècles, personne n’osa en parler ni la rechercher.
Lorsque éclata la guerre entre l’empereur Constantin et son rival Maxence en 312, Constantin demanda l’aide du Dieu des chrétiens ; une croix lui apparut dans le ciel, entourée de cette inscription : « Par ce signe, tu vaincras. »

† Alors Constantin crut au Christ, fit peindre la croix sur les boucliers de ses soldats et remporta la victoire ; puis il promulgua l’édit de Milan en 313, qui reconnut au christianisme le droit d’exister et autorisa la religion chrétienne.

Après cette apparition de la croix, la mère de l’empereur Constantin, sainte Hélène, se rendit à Jérusalem pour chercher la croix du Christ. Lorsqu’elle s’informa, on lui dit que la croix était enfouie près du temple de Vénus construit par l’empereur Hadrien. Elle fit creuser à cet endroit et trouva trois croix. Comme elle ne savait pas laquelle était la vraie croix du Christ, l’évêque Macaire proposa de les poser l’une après l’autre sur le corps d’un mort dont le cortège funèbre passait à ce moment-là. Quand on posa la première et la deuxième croix, rien ne se produisit ; quand on posa la troisième, le mort revint miraculeusement à la vie. Ensuite on posa la croix sur une femme malade, qui fut aussitôt guérie.
Alors l’évêque Macaire éleva le bois de la croix pour que tous les assistants puissent le voir, et ils chantèrent « Kyrie eleison », tandis que des larmes de joie coulaient de leurs yeux.

Sainte Hélène plaça la sainte Croix sur le Golgotha et fit bâtir au-dessus l’église connue jusqu’à aujourd’hui, l’église de la Résurrection (le Saint-Sépulcre), consacrée en 335.

Pour confirmer ce récit, il faut citer saint Jean Chrysostome, dans une homélie prononcée vers 390-395, où il dit que la vraie croix se distinguait des deux autres, lors de leur découverte, par l’inscription écrite sur l’ordre de Pilate, qui y était restée attachée.
Saint Ambroise, évêque de Milan (374-397), le dit aussi, et ajoute que c’est bien Hélène, la mère de Constantin, qui découvrit le bois de la sainte Croix.

En 614, Khosrô, roi des Perses, envahit Jérusalem et emmena dans son pays des milliers de chrétiens captifs, avec à leur tête le patriarche Zacharie ; il emporta comme butin la relique du bois de la précieuse Croix, qui resta en sa possession quatorze ans.
En 628, l’empereur byzantin Héraclius vainquit les Perses ; ses principales conditions étaient la libération des chrétiens et la restitution de la relique du bois de la sainte Croix.
Khosrô était mort, et son fils Kavadh (Siroès) régnait à sa place. Il accepta les conditions et libéra sains et saufs les captifs, avec le patriarche Zacharie, après quatorze ans de captivité, et remit la relique du bois de la Croix à l’empereur Héraclius. Héraclius l’emporta à Constantinople, dont toute la population sortit à sa rencontre avec des flambeaux et des chants de victoire et d’allégresse.

Ensuite, vers 630, l’empereur Héraclius la ramena à Jérusalem pour replacer le bois de la Croix à sa place sur le Golgotha. Le peuple, avec à sa tête le patriarche Zacharie, vint à sa rencontre et l’accueillit avec les plus grandes marques de joie, avec des flambeaux et des cantiques, et ils marchèrent jusqu’au chemin du Golgotha. Là, selon la tradition, l’empereur fut soudain arrêté par une force invisible et ne put faire un pas de plus.
Le patriarche s’avança et dit à l’empereur : « Le Seigneur Christ a parcouru ce chemin en portant sa croix, couronné d’épines, revêtu du manteau de la dérision et de l’humiliation ; et toi, tu portes tes vêtements de pourpre et sur ta tête la couronne ornée de pierres précieuses. Il te faut ressembler au Christ dans son humilité et sa pauvreté. » L’empereur écouta le patriarche, revêtit un vêtement pauvre, et continua sa marche tête nue et pieds nus jusqu’au Golgotha, où il éleva le bois vénéré de la Croix. Les fidèles se prosternèrent à terre en chantant : « Devant ta Croix, nous nous prosternons, ô Maître, et ta sainte Résurrection, nous la glorifions. »

La joie remplit tout l’Orient chrétien, et les gens venaient recevoir la bénédiction du bois de la sainte Croix sur lequel s’est accompli le mystère de la rédemption. La fête du 14 septembre remonte, elle, à la consécration de l’église du Saint-Sépulcre en 335 ; le retour de la Croix sous Héraclius est venu en augmenter l’éclat.
Depuis lors, l’Église célèbre chaque année, le 14 septembre, cette grande fête de l’Exaltation de la sainte Croix. †

Parmi les coutumes populaires liées à cette fête : †
Allumer des feux sur les sommets des montagnes ou sur les places publiques. Selon la tradition, cette coutume remonte aux feux que sainte Hélène fit allumer de sommet en sommet pour annoncer à son fils l’empereur Constantin, à Constantinople, qu’elle avait trouvé la Croix, car le feu était alors le moyen de communication le plus rapide.

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