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Saint Jérôme

Saint Jérôme, appelé aussi Hiéronyme (347-420)
Fête le 30 septembre
Sa vie :
Il naquit vers 347 à Stridon, aux confins de la Dalmatie, de la Pannonie et de l’Italie, dans une famille romaine riche et pieuse. À douze ans, son père l’envoya à Rome, où il excella dans l’éloquence et l’art de bien dire, et se passionna pour les grands poètes grecs et latins. Il s’appliqua aussi à copier de nombreux livres, pour constituer le noyau d’une bibliothèque personnelle.

Dans ce milieu, Jérôme s’éloigna de la vie de piété et lutta longtemps en esprit contre les passions ; puis il se convertit et reçut le baptême.
Il est considéré comme l’un des plus grands Pères de l’Occident pour son interprétation de la Sainte Écriture ; il a laissé dans ce domaine une œuvre considérable, ainsi que des traités ascétiques, des écrits polémiques contre les hérétiques
et des lettres. Il partit avec son ami Bonose pour Trèves afin de se consacrer à la vie de prière ; il y commença à étudier la théologie à travers l’Écriture. Puis il revint dans sa patrie et séjourna quelques années à Aquilée, où se resserra son amitié avec Rufin, qu’il avait déjà rencontré à Rome.
Sa famille s’opposa à lui parce qu’il encourageait sa sœur à la vie consacrée dans la virginité ; il dut partir pour l’Orient, passant par la Grèce puis l’Asie Mineure, et s’installa à Antioche en 374. Il y fut accueilli par Évagre, qui exerça sur lui une forte influence, attirant son cœur vers l’Orient et la vie ascétique.

Il connut aussi Apollinaire, évêque de Laodicée, contre lequel il se dressa plus tard, lorsque celui-ci dévia de la foi.
Il se consacra ensuite à l’étude de l’Écriture et à la vie ascétique, se retirant dans le désert de Chalcis, au sud-est d’Antioche, pendant environ quatre ans ; il y apprit l’hébreu. Il y souffrit beaucoup dans son corps, comme on le voit dans ce qu’il écrivit à sainte Eustochium, décrivant son état avec une entière franchise : « La chaleur brûlante du soleil était si terrible qu’elle effrayait même les moines qui habitaient là, et pourtant je me croyais au milieu des délices et de la foule de Rome… Dans cet exil, cette prison que je m’étais choisie par crainte de l’enfer, je n’avais pour compagnie que les scorpions et les bêtes sauvages, et je me croyais parmi les danseuses de Rome. Mon visage était pâle de jeûnes volontaires, et mon âme luttait avec force contre la concupiscence ; mon corps froid, desséché, semblait déjà mort avant de mourir, et pourtant la passion y vivait encore. Alors je me jetais en esprit aux pieds de Jésus, je les arrosais de mes larmes, je domptais ma chair par des jeûnes de semaines entières, et je ne rougissais pas d’avouer mes tentations… Je ne cessais de me frapper la poitrine jour et nuit jusqu’à ce que la paix me revienne. »

Il revint à Antioche vers 377, et ses dons apparurent au grand jour ; aussi l’évêque Paulin le pressa-t-il d’accepter le sacerdoce. Jérôme y mit comme condition de n’être attaché à aucune Église particulière, afin de se consacrer à la Parole de Dieu partout où Dieu voudrait l’appeler.

Ayant entendu parler de saint Grégoire de Nazianze, Jérôme quitta Antioche pour le rejoindre à Constantinople, et resta auprès de lui environ deux ans, jusqu’au concile œcuménique de Constantinople de 381. L’année suivante, il accompagna Paulin d’Antioche et Épiphane, évêque de Salamine de Chypre, à Rome. Damase, évêque de Rome, le prit comme secrétaire et lui confia la traduction de la Bible en latin. Son travail s’unissait à une vie ascétique et à une pensée ardente, et beaucoup se groupèrent autour de lui, parmi lesquels de saintes femmes de la noblesse : Paula et ses filles Blésille et Eustochium, Marcella et sa mère Albina, et la célèbre vierge Asella.
Après la mort de l’évêque de Rome, il rencontra de nombreuses difficultés. Ses rivaux l’attaquèrent, car tous les regards se tournaient vers lui, et ils répandirent contre lui beaucoup de calomnies au sujet de ses relations avec ces nobles dames. Il dut repartir pour l’Orient avec son frère Paulinien et quelques moines, emportant sa grande bibliothèque et ses écrits. Il écrivit alors à ses filles spirituelles une lettre très émouvante, où l’on lit : « Je rends grâce à Dieu de m’avoir jugé digne d’être haï du monde… On m’a imputé des actes honteux, mais les portes du ciel ne se ferment ni ne s’ouvrent selon les paroles et les jugements des hommes. »
Il gagna Jaffa puis Bethléem, parcourut la Palestine, puis se rendit en Égypte, où la vie monastique était alors à son apogée. Il y rencontra saint Didyme l’Aveugle, qu’il aimait et dont il fut, dit-on, quelque temps le disciple ; il l’interrogea sur des passages difficiles de l’Écriture et reçut des réponses qui le satisfirent pleinement. Il l’admirait tant que, lorsque Damase, évêque de Rome, lui avait demandé d’écrire un traité sur l’Esprit Saint, il ne trouva rien de mieux que de traduire en latin l’ouvrage de Didyme. Il visita de nombreux monastères et rencontra un grand nombre d’ascètes de la région d’Hermopolis en Moyenne-Égypte (en Thébaïde) et du Wadi Natroun. Il écrivit aussi les vies de plusieurs pères du désert, comme Paul de Thèbes et Hilarion, qui comptent parmi les plus beaux témoignages sur la vie monastique de ce temps.

Il revint en Palestine, riche de l’expérience de nombreux pères ascètes. En 386, Paula fit construire pour lui deux monastères à Bethléem : l’un pour les femmes, qu’elle dirigea elle-même, et l’autre pour les hommes, que saint Jérôme dirigea pendant près de trente-cinq ans et où grandit encore son amour de l’étude et de l’écriture. Sulpice Sévère disait de lui : « On le trouve toujours plongé dans ses livres. »
Il admira beaucoup Origène d’Alexandrie, qu’il regardait comme un don de Dieu à l’Église ; il traduisit en latin nombre de ses écrits et les commentait aux moines et aux moniales. Mais saint Épiphane, évêque de Salamine, vint en Palestine, prêcha devant les foules et attaqua Origène avec violence… Il gagna saint Jérôme, qui passa d’une grande admiration pour Origène à une vive hostilité, le considérant comme Épiphane à l’origine de toutes les hérésies. Ce revirement fit perdre à saint Jérôme son ami de jeunesse Rufin, avec qui il eut de durs conflits. Saint Augustin tenta d’intervenir avec beaucoup de délicatesse, mais saint Jérôme entra en controverse avec lui sur un ton sévère.
Saint Jérôme combattit aussi de nombreuses hérésies.
À la fin de sa vie, les pélagiens attaquèrent son monastère, en brûlèrent une grande partie, tuant et pillant.
Le saint mourut à Bethléem en 420 et fut enseveli près de la grotte de la Nativité ; son corps fut plus tard transféré à Rome.

L’Occident le représente avec un lion couché devant lui, peut-être parce qu’il aurait guéri un lion qui resta ensuite auprès de lui au monastère, ou peut-être parce qu’il était comme un lion dans le désert, rugissant avec force pour la rectitude de la foi.
L’Église le fête le 30 septembre.

Préparé par Rita, de l’équipe Sawt el Rab

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