Le nom d’Ignace est rapproché du latin ignis, qui signifie le feu. Ce fut bien son trait dominant : il était rempli du feu de l’Esprit Saint et brûlait d’amour pour Dieu. Il connut les apôtres et fut le disciple de saint Jean, le disciple bien-aimé. Selon la tradition, c’est lui, enfant, que le Seigneur Jésus prit dans ses bras en disant : « Celui qui accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille. » Saint Ignace fut surnommé « Théophore », c’est-à-dire « porteur de Dieu ».
Il succéda à Évode sur le siège épiscopal de la grande ville d’Antioche. L’empereur Trajan voulait raviver le culte des dieux et obliger les chrétiens à offrir des sacrifices aux idoles. Saint Ignace affronta l’empereur avec audace, comprenant que l’heure
qu’il avait tant attendue était arrivée. Après un débat de plusieurs heures, Trajan le condamna à être enchaîné et conduit à Rome pour y être livré aux bêtes, pour le divertissement du peuple.
Ignace s’écria plein de joie : « Je te rends grâce, Seigneur, de m’avoir jugé digne de cet honneur, en m’accordant d’être enchaîné pour toi avec des chaînes de fer, comme ton apôtre Paul. » En chemin, l’homme de Dieu put faire quelques haltes, où vinrent à sa rencontre des représentants des Églises locales pour le réconforter et recevoir sa bénédiction, parmi lesquels saint Polycarpe, évêque de Smyrne, et l’évêque d’Éphèse. Il put aussi écrire à plusieurs Églises d’Asie Mineure.
Sept de ces lettres nous sont parvenues ; elles sont comptées parmi les joyaux des écrits des Pères, tant elles sont pleines de l’Esprit du Seigneur, d’une foi inébranlable en Jésus-Christ et de zèle pour l’Église.
La plus remarquable, la plus transparente, la plus ardente et la plus riche en élan spirituel est sa lettre aux Romains. Saint Ignace écrivit ses lettres après avoir pleinement accepté, avec joie, d’être martyr par le sang pour le Seigneur Jésus. Aussi ses paroles sont-elles un prolongement de l’Évangile, et surtout des lettres de saint Paul qu’il aimait, par l’Esprit dont il était rempli et dans lequel il parlait.
Enfin, les soldats arrivèrent avec le saint aux portes de Rome. Le magistrat ordonna de conduire l’homme de Dieu dans l’arène de l’amphithéâtre pour être livré aux bêtes. Le saint y entra avec fermeté et joie : c’était l’occasion de sa vie de devenir un vrai disciple du Christ. Il s’avança vers les bêtes comme on franchit le seuil du Royaume,
et prononça sa célèbre parole : « Laissez-moi être la pâture des bêtes, par lesquelles il me sera donné de trouver Dieu. Je suis le froment de Dieu, et je suis moulu par la dent des bêtes pour être trouvé un pur pain du Christ. » Les bêtes se jetèrent sur lui et le dévorèrent. Ensuite, les fidèles vinrent recueillir ses restes et les rapportèrent à Antioche, où ils furent déposés dans un tombeau.
Ses reliques furent ensuite transférées dans la cathédrale d’Antioche. En 637, selon la tradition, elles furent emportées à Rome et déposées dans la basilique Saint-Clément.
Parmi ses paroles :
« Laissez-moi être la pâture des bêtes, par lesquelles il me sera donné de trouver Dieu. Je suis le froment de Dieu, et je suis moulu par la dent des bêtes pour être trouvé un pur pain du Christ. »




