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Saint Charbel, signe de la présence de Dieu au milieu de son peuple

Saint Charbel, signe de la présence de Dieu au milieu de son peuple

En mémoire de la naissance du Christ sur la terre et de la naissance au ciel de saint Charbel, voici une icône de l’ermite d’Annaya, d’une composition et d’une vision nouvelles, qui reflète la présence de ce moine ivre de Dieu dans la vie des Libanais et au cœur de l’Église universelle.

« La terre était informe et vide, les ténèbres étaient au-dessus de l’abîme… Dieu dit : “Que la lumière soit.” Et la lumière fut » (Genèse 1, 1-4).

Sur un fond d’or, reflet de la lumière du commencement de la création, lumière éternelle de Dieu, saint Charbel, créature nouvelle, rayonne comme une étincelle de lumière dans un monde égaré dans les ruelles de la vie, épuisé par la recherche d’un bonheur illusoire à la lueur de lampes à court d’huile, et qui a choisi le chemin du retour.

Saint Charbel est d’abord un moine. Il s’est dérobé au monde dans le noir d’un habit lumineux, si bien que le noir n’est plus noir : c’est un voile qui cache les lumières du cœur, de l’esprit et de la parole. La source de la lumière sur l’homme de Dieu ne vient pas de l’extérieur, comme le voudrait la loi naturelle de la peinture : ce sont des lumières vivantes qui jaillissent de l’intérieur du saint, à l’image de son Maître, qui s’enveloppe de lumière comme d’un manteau.

Saint Charbel est ensuite un prêtre. De sa main droite, il bénit l’assemblée des fidèles et élève devant leurs yeux la croix du Rédempteur, fierté de l’Église et signe de sa victoire sur l’injustice et la mort. De sa main gauche, il serre contre sa poitrine la Parole de vie, la Bonne Nouvelle, qu’il étreint avec force. Il a trouvé sa perle précieuse, sa joie éternelle que nul ne peut lui ravir.

Contraste saisissant entre une humble croix de bois et un Évangile dont la couverture est sertie des pierres et des perles les plus précieuses. Une couverture qui brille d’or, d’argent et de perles, reflétant la place de la Parole du Seigneur dans la vie de saint Charbel : un Évangile où il puise la lumière et la direction pour sa marche vers le Royaume.

Moine qui ne posséda rien et n’utilisa que les choses les plus humbles et les plus simples, il se tient ici en maître, à l’image des évêques et des docteurs de l’Église des premiers siècles : Basile, Grégoire le Théologien et Jean Chrysostome. Il n’a pas laissé d’écrits ni de sermons comme beaucoup d’autres, mais il les a surpassés dans l’enseignement et la direction spirituelle par son silence éloquent, agenouillé sur sa natte de roseaux, conversant dans le silence de la nuit avec le Dieu de l’univers, et levant de temps en temps les yeux vers sa mère Marie, la plus belle et la plus douce des créatures.

Saint Charbel est enfin un ascète en prière. Les sentiments sont absents de son visage : aucune trace de tristesse ni de joie terrestre. Son visage porte quelques traits de Dieu et un peu de la poussière de la terre. De grands yeux fixes plongent au loin dans les espaces de la lumière éternelle, mondes lointains et proches, plus intimes à lui-même que lui-même. Des yeux qui ne connaissent ni l’assoupissement ni le sommeil, animés d’un esprit vigilant, prêt aux longues veilles, dans l’attente du retour du Maître.

« Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait » : saint Charbel a perdu sa pesanteur terrestre et est devenu l’homme glorifié, image de ce que nous deviendrons si nous suivons le chemin du Seigneur.

Autour de sa tête, une auréole, symbole de la perfection, ce cercle dont on ne connaît ni le commencement ni la fin.

« Et moi, quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes » (Jean 12, 32).

À la veille de la mémoire de la naissance du Christ, l’âme de Charbel s’éleva, cadeau de la terre au ciel.

Le moine qui vécut inconnu sur la terre a quitté son ermitage pour les horizons de la lumière. Il attire à lui les gens de toutes parts, franchit les frontières, les confessions et les religions, reflète la lumière du Christ sur un monde qui a perdu la foi, et le ramène à l’Église du Christ, des enfants nés de nouveau par la grâce, la pénitence et la foi. Charbel est venu en notre temps comme un signe vivant de la présence du Seigneur au milieu de son peuple.

Ô saint Charbel, intercède pour nous quand les épreuves se font lourdes.

Iconographe : Père Nidaa Ibrahim, directeur de l’atelier d’icônes salvatorien.

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