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Se préparer à la confession

« Celui qui confesse son péché est plus grand que celui qui ressuscite les morts » : c’est une parole célèbre de saint Isaac le Syrien (VIIe siècle), qui ajoute : « Il est comme quelqu’un qui passe de la mort à la vie. »

Cette confession s’accomplit d’abord au plus profond de l’homme, entre lui et Dieu, mais aussi, et surtout, devant le prêtre ainsi que devant celui que nous avons offensé.

« Rentrant en lui-même », dit le fils prodigue, « je me lèverai, j’irai vers mon père et je lui dirai : Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi » (Luc 15, 17-18).

Cette conversion, ce retournement intérieur — la métanoïa — s’opère donc d’abord dans le cœur et dans l’âme. Elle demande ensuite l’aveu du péché, exprimé dans la confession au sein de l’Église.

Cette démarche relève d’un sacrement, d’un « mystère », terme qui désigne à l’origine une réalité cachée, accomplie par la volonté de l’homme avec la grâce de Dieu : une collaboration entre l’homme et Dieu que la doctrine orthodoxe appelle synergie, c’est-à-dire coopération.

Saint Jean Damascène, dans son célèbre ouvrage La Foi orthodoxe, définit la pénitence comme le retour de l’âme, qui se détourne du diable pour revenir à Dieu, et affirme qu’elle s’accomplit dans la douleur et les larmes.

Il y a donc chez l’homme un cœur brisé et une profonde humilité :

« Le sacrifice qui plaît à Dieu, c’est un esprit brisé ; un cœur brisé et broyé, tu ne le méprises pas, ô Dieu » (Psaume 50 [51], 19).


Autrefois, certains avaient l’habitude de recevoir la sainte communion le Jeudi saint, en dehors de la Divine Liturgie, des mains du prêtre, après une confession rapide.

Voici une histoire qui illustre le cœur brisé et l’humilité nécessaires à la confession.

Un jour, à cette occasion, un notable bien connu du village vint trouver un prêtre illettré, mais profondément pieux. Il lui demanda de lui donner la communion après l’avoir absous de ses péchés, car il était pressé.

Le prêtre, dans sa simplicité, lui demanda de se prosterner à terre et de dire :

« Pardonne-moi, ô Dieu, moi, ton serviteur pécheur. »

L’homme en fut contrarié et refusa de se prosterner, affirmant qu’il ne s’était jamais incliné ni agenouillé devant personne de toute sa vie.

Il demanda alors :

« Qui exige cela, mon Père ? »

Le prêtre, très étonné, alla chercher son livre liturgique et lui montra cette phrase :

« Le pénitent se prosterne et prie afin de recevoir du prêtre l’absolution de ses péchés. »

L’homme céda alors et se prosterna en disant :

« Je m’en remets à Dieu ! »

Il reçut l’absolution du prêtre et communia aux saints Mystères.

Puis il se releva et dit :

« Je remercie Dieu, et je vous remercie, mon Père, parce que je me suis humilié, que j’ai reçu l’absolution de mes péchés et que j’ai communié aux saints Mystères. »


Enfin, et ce point n’est pas le moins important, les pères spirituels soulignent combien il est essentiel, lorsqu’on se trouve sur son lit de mort, avant de quitter ce monde et tant que l’on demeure conscient, de se confesser et de regretter sincèrement chaque péché commis au cours de sa vie.

Le prêtre qui accompagne un malade dans les derniers moments de son existence doit s’en souvenir avant de lui donner la sainte communion.

Cette confession l’aide à achever sa vie dans la paix et la réconciliation avec Dieu.

Père Gérard Abi Saab

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