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Qui chasse les enfants de l’église en chasse aussi le Christ (Mgr Ibrahim – homélie des Rameaux)

Les enfants et l’Église

Qui chasse les enfants de l’église en chasse aussi le Christ (Mgr Ibrahim – homélie des Rameaux)

Aujourd’hui, c’est la fête de l’entrée du Seigneur Christ à Jérusalem, pour que s’accomplisse la prophétie : « Voici ton roi qui vient à toi, plein de douceur, monté sur un ânon, le petit d’une ânesse. » La foule étendait sur le chemin ses vêtements et des branches d’arbres, et criait : « Hosanna au plus haut des cieux ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur, le roi d’Israël ! » Cette fête est devenue aussi la fête des enfants ; c’est donc un jour de joie, car l’enfance et la tristesse ne devraient jamais aller ensemble.
Dans l’Évangile de l’office du matin (orthros) de cette fête, nous lisons en Matthieu 21 que, parmi les gens, il y avait au Temple beaucoup de jeunes garçons (d’enfants) qui criaient comme les grands : « Hosanna au fils de David ! »

Leurs parents les avaient fait monter de la Judée à la maison du Seigneur pour offrir les sacrifices pour eux selon la Loi. Quand les grands prêtres et les scribes virent les merveilles qu’il avait faites, et les enfants qui criaient dans le Temple, ils furent agacés, eux et leur entourage, par ces cris – exactement comme beaucoup de grands prêtres, de prêtres et de fidèles qui, de nos jours, sont agacés par la présence des enfants à l’église.

Ils dirent à Jésus : « Tu entends ce qu’ils disent ? » Jésus leur répondit : « Oui. N’avez-vous jamais lu : De la bouche des tout-petits et des nourrissons, tu as tiré une louange ? » N’avez-vous donc pas lu l’Écriture ?

Le « oui » de Jésus veut dire : oui, j’ai entendu ; moi, j’entends, mais vous, vous n’entendez pas. « Oui ! N’avez-vous jamais lu : De la bouche des tout-petits et des nourrissons, tu as tiré une louange ? » (Psaume 8, 3).

Ceux qui l’interrogeaient étaient censés être les meilleurs connaisseurs de l’Écriture. Jésus parlait avec eux, discutait avec eux et leur fermait la bouche avec les paroles de leur propre Écriture et de leur Loi, qu’ils prêchaient. Jésus leur disait oui : je suis le fils de David, le roi de Jérusalem, et ce que crient ces enfants est juste. Jésus voulait leur montrer le rôle particulier que Dieu a donné à ces enfants.

Il leur a donné une foi spontanée, simple et profonde, plantée dans leur être innocent ; une foi qui dépasse parfois celle des adultes qui prétendent tout savoir. « De la bouche des tout-petits et des nourrissons, tu as tiré une louange. »

Même ceux qui sont encore à l’âge du sein et de la petite enfance, Dieu leur a donné la force de prier.
Ailleurs dans l’Évangile de Matthieu, nous voyons les disciples se disputer pour savoir « qui est le plus grand dans le royaume des Cieux ». Alors Jésus appela un enfant et le plaça au milieu d’eux (la place des enfants est au milieu de la communauté, au milieu de l’Église, et non dans les « salles des pleurs », comme on les appelle en anglais), et il dit : « Amen, je vous le dis : si vous ne changez pas pour devenir comme les enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux » (la croissance spirituelle n’est pas seulement un mouvement vers le haut, c’est aussi un mouvement d’abaissement et d’humilité ; et les enfants sont des géants du ciel selon les mesures du Royaume).

« Celui qui se fera petit comme cet enfant, c’est celui-là qui est le plus grand dans le royaume des Cieux. Et celui qui accueille un enfant comme celui-ci en mon nom, il m’accueille, moi » (qui chasse les enfants de l’église en chasse aussi le Christ, car le Christ s’est identifié à eux). « Celui qui est un scandale pour un seul de ces petits qui croient en moi, il est préférable pour lui qu’on lui accroche au cou une meule de moulin et qu’il soit englouti en pleine mer » (et ici, nous devons reconnaître aussi que l’Église, les rassemblements et les activités d’Église peuvent abriter des personnes qui scandalisent et exploitent ; c’est pourquoi nous devons entourer nos enfants d’attention, de protection et de soin). « Malheureux le monde à cause des scandales ! Il est inévitable que les scandales arrivent, mais malheureux l’homme par qui le scandale arrive !

Si ta main ou ton pied est pour toi une occasion de chute, coupe-le et jette-le loin de toi. Mieux vaut pour toi entrer dans la vie manchot ou estropié, que d’être jeté avec tes deux mains ou tes deux pieds dans le feu éternel. Et si ton œil est pour toi une occasion de chute, arrache-le et jette-le loin de toi. Mieux vaut pour toi entrer borgne dans la vie, que d’être jeté avec tes deux yeux dans la géhenne de feu. Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits, car, je vous le dis, leurs anges dans les cieux voient sans cesse la face de mon Père qui est aux cieux. Car le Fils de l’homme est venu sauver ce qui était perdu. Quel est votre avis ?

Si un homme possède cent brebis et que l’une d’entre elles s’égare, ne va-t-il pas laisser les quatre-vingt-dix-neuf autres sur la montagne pour partir à la recherche de celle qui s’est égarée ? Et s’il arrive à la retrouver, amen, je vous le dis : il se réjouit pour elle plus que pour les quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont pas égarées. Ainsi, votre Père qui est aux cieux ne veut pas qu’un seul de ces petits soit perdu. »
Et dans l’Évangile de Luc, au chapitre 18, nous voyons comment les disciples eux-mêmes ont été agacés par les enfants : on lui présentait même les petits enfants pour qu’il les touche ; en voyant cela, les disciples les écartaient vivement. Mais Jésus les fit venir à lui en disant : « Laissez les enfants venir à moi, ne les empêchez pas, car le royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent.

Amen, je vous le dis : celui qui n’accueille pas le royaume de Dieu à la manière d’un enfant n’y entrera pas. » (Une Église sans enfants ressemble à un cimetière par son silence et son immobilité.)
Ensemble, nous devons bâtir un monde, dans l’Église et dans la société, selon le respect et l’estime que Jésus avait pour les enfants et les jeunes. Le monde a manifesté ce désir lorsque l’Assemblée générale des Nations unies a adopté une Convention internationale relative aux droits de l’enfant.
Enfin, je vous le recommande comme un père, un frère et un ami : ne remplacez pas votre rôle de parents par un jeu électronique, un iPad ou autre chose, car ces machines n’ont ni cœur, ni bras pour accueillir, ni tendresse. Rien ne peut vous remplacer dans l’éducation de vos enfants. Un enfant qui ne peut pas jouer, dormir ou manger, etc., sans l’aide d’un iPad est un enfant qui se transforme peu à peu en machine et qui perd sa joie.
Demandons à Dieu de rendre à nos enfants le dimanche des Rameaux, premier jour de la Semaine sainte, et de leur rendre leur place particulière chaque dimanche et à chaque fête, pour que nos enfants aient la joie de voir le Christ, de le connaître et de l’aimer. Amen.
Mgr Ibrahim Ibrahim

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