Halloween et la foi chrétienne
Le nom « Halloween » vient de l’expression anglaise All Hallows’ Eve, qui signifie « la veille de la Toussaint » dans le calendrier occidental. Le mot hallow est un ancien terme anglais qui signifie « saint » ou « sacré ».
Halloween désigne donc, à l’origine, la veille de la fête de tous les saints.
Dans la tradition chrétienne occidentale, Halloween correspond à la nuit précédant la Toussaint, célébrée le 1er novembre. Dans la tradition orthodoxe, la fête de tous les saints est célébrée le dimanche qui suit la Pentecôte.
Les origines de cette célébration remontent à des temps anciens, alors que l’Europe était profondément marquée par la foi chrétienne et que la fête de la Toussaint était précédée, dans certaines régions, de diverses coutumes populaires.
Des significations contraires à la foi chrétienne
Plusieurs pratiques mystérieuses ou étranges aujourd’hui associées à Halloween trouvent leurs racines dans d’anciennes coutumes celtiques des îles Britanniques.
C’est notamment pour cette raison qu’Halloween a longtemps été associée, en Grande-Bretagne, aux États-Unis et dans d’autres pays influencés par la culture anglo-saxonne, à des représentations liées à la peur, aux fantômes et aux sorcières.
Au fil du temps, ces traditions se sont répandues dans de nombreux autres pays.
Lorsque le christianisme se développa dans les îles Britanniques, il rencontra des populations celtes encore attachées à certaines croyances païennes, notamment celles liées à Samhain, une ancienne fête célébrée à l’automne.
Selon certaines traditions, on croyait que, durant cette période, les esprits des morts pouvaient parcourir la terre et qu’il fallait les apaiser afin qu’ils ne causent aucun mal.
Certaines coutumes conduisaient également des personnes à aller de maison en maison pour demander de la nourriture ou des offrandes.
L’Église s’efforça progressivement de combattre les croyances et les pratiques qu’elle considérait comme incompatibles avec la foi chrétienne.
Avec le temps, certaines traditions populaires liées aux fantômes, aux sorcières, aux squelettes et à d’autres représentations macabres se mêlèrent aux célébrations de la veille de la Toussaint.
Ainsi, tandis que les chrétiens se préparaient spirituellement à célébrer tous les saints, certaines pratiques populaires d’origine différente continuèrent d’exister parallèlement.
Pour le chrétien, il est donc important de discerner le sens des symboles et des pratiques auxquels il participe, et de ne pas adopter sans réflexion des coutumes qui peuvent être étrangères ou contraires à sa foi.
Halloween est-il vraiment inoffensif ?
Certains diront :
« Aujourd’hui, Halloween n’est qu’une fête pour les enfants, qui se déguisent, s’amusent et reçoivent des bonbons. »
Cependant, il convient de s’interroger sur certains symboles constamment associés à cette fête : sorcières, démons, fantômes, occultisme, mort et autres représentations inquiétantes.
La répétition constante de ces symboles peut contribuer à les banaliser, c’est-à-dire à leur donner progressivement une apparence ordinaire, amusante ou inoffensive.
Le problème ne réside donc pas nécessairement dans le simple fait qu’un enfant reçoive des bonbons, mais dans l’univers symbolique auquel il est habitué.
Les enfants peuvent ainsi être plongés très tôt dans une atmosphère où la sorcellerie, les démons, les esprits et les pratiques occultes sont présentés comme de simples sujets de divertissement.
Certains groupes occultistes ou satanistes accordent également une importance particulière à cette période et peuvent organiser leurs propres célébrations.
En tant que chrétiens, nous devons donc veiller à ne pas confondre notre identité chrétienne avec des symboles qui lui sont étrangers ou qui peuvent lui être contraires.
Cette nuit-là, nous pouvons au contraire intensifier notre prière et demander à Dieu de protéger le monde du mal, comme nous le faisons chaque jour dans le Notre Père :
« … mais délivre-nous du mal. Amen. »
Nous devons également nous demander si certaines pratiques apparemment innocentes ne risquent pas de nous habituer progressivement à des symboles et à une mentalité qui éloignent notre cœur de Dieu.
Pourquoi ouvrir volontairement une porte, même petite, à ce qui peut affaiblir notre vie spirituelle ?
Comment accompagner nos enfants ?
Si nous expliquons clairement à nos enfants pourquoi nous choisissons de ne pas célébrer Halloween de la même manière que les autres, ils peuvent ressentir une certaine déception au début.
Mais avec le temps, ils peuvent développer une conscience plus profonde de leur identité chrétienne et apprendre à discerner ce qui est compatible ou non avec leur foi.
Il est aussi possible de leur proposer une autre manière de vivre cette période, en mettant l’accent sur les saints, la lumière, la prière et la joie chrétienne.
Au Liban, par exemple, certaines familles peuvent également se tourner vers les traditions liées à la fête de sainte Barbe, qui possède son propre héritage culturel et religieux.
Quel est notre rôle face au « mois d’Halloween » dans certaines écoles de notre deuxième pays, le Canada ?
Dans plusieurs écoles occidentales, notamment au niveau primaire, le mois d’octobre est souvent marqué par des décorations représentant des sorcières, des fantômes, des citrouilles et d’autres symboles associés à Halloween.
Il est tout à fait légitime que les parents chrétiens s’intéressent aux contenus auxquels leurs enfants sont exposés et qu’ils leur expliquent leur propre compréhension de ces symboles.
Nous pouvons leur apprendre que tout ce qui est populaire ou présenté comme amusant n’est pas nécessairement compatible avec notre foi.
Nous pouvons également leur expliquer, selon l’enseignement chrétien, que les morts ne reviennent pas errer parmi les vivants et que nous ne devons pas nourrir la peur ou la fascination pour les esprits.
Les parents ne doivent pas rester passifs en pensant que toute l’éducation de leurs enfants relève uniquement de l’école ou des enseignants.
Ils ont eux aussi la responsabilité de transmettre leurs valeurs, leur foi et leur vision chrétienne de la vie.
Lorsque cela est nécessaire, ils peuvent dialoguer avec les enseignants et les responsables scolaires afin de mieux comprendre les activités proposées et de faire connaître leurs convictions avec respect.
L’objectif n’est pas d’apprendre aux enfants à avoir peur, mais de leur donner les moyens de discerner et de grandir dans leur identité chrétienne.
En cette période, tournons davantage notre regard vers le Christ, vers la lumière de l’Évangile et vers les saints que l’Église nous donne comme modèles.
Au lieu de glorifier la peur, les ténèbres ou la mort, célébrons Celui qui a dit :
« Je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie. »
Père Gérard Abi Saab







