Fête de la Dormition de la Mère de Dieu
Le mois d’août est vraiment un mois marial orthodoxe :
la préparation à la fête commence par un jeûne dès le premier jour de ce mois béni ; nous célébrons la fête le 15, et l’Église continue de la célébrer jusqu’au 23, jour de la clôture de la fête de la Dormition de la Mère de Dieu et de son élévation avec son corps.
Il est remarquable que la fête de la Dormition de la Mère de Dieu soit la dernière grande fête de l’année liturgique : elle tombe le 15 août, dernier mois de l’année liturgique ecclésiale.
Et la fête de la Nativité de la Mère de Dieu (8 septembre) est la première grande fête du premier mois de l’année liturgique dans l’Église orthodoxe, le mois de septembre.
C’est comme si l’Église orthodoxe voulait dire que la Mère de Dieu, qui a porté en son sein Celui qui tient tout en son pouvoir, porte en son sein tout le cycle de nos fêtes liturgiques, du début à la fin.
Comment en serait-il autrement, puisqu’elle est la Mère qui nous accueille : chaque fois que nous regardons son icône, c’est elle qui nous regarde en face pour nous dire : « Exultons ensemble pour le Seigneur Jésus-Christ, il est l’unique Sauveur. Mon Dieu et votre Dieu, mon Sauveur et votre Sauveur. »
Selon la tradition orthodoxe, la dormition de Marie, Mère de Dieu, est semblable à celle de tout autre croyant. La dormition évoque l’image du sommeil, car elle est un passage, une transition d’une vie à une autre, si l’on peut dire ; c’est ce qu’indique le nom de la fête. Marie est morte comme meurent tous les hommes, contrainte, en conséquence de notre condition humaine ; sa mort ne fut pas « volontaire » comme celle de son Fils incarné, mais une nécessité de la nature humaine déchue, indissociablement liée à la corruption de ce monde.
L’élévation de la Mère de Dieu avec son corps est aussi une image, comme l’Ascension du Christ au ciel est l’image de notre propre élévation, que nous espérons, là où il est.
La joie est le trait qui marque la fête de la Dormition de la Mère de Dieu, bien qu’il s’agisse d’une dormition, car l’essence de la fête est le passage au ciel. Celle qui est élevée au ciel, nous devons nous réjouir et exulter pour elle, car c’est l’assurance que nous tous, les croyants, pouvons passer à la gloire du Royaume du Christ Jésus, à qui appartiennent la gloire, la puissance et l’honneur, avec son Père et son Esprit Saint, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen.
Père Boutros al-Zein



