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L’histoire du saint Rosaire

À la demande de l’un de nos lecteurs, voici l’histoire du chapelet et du Rosaire, et d’où ils viennent :
(Veuillez lire jusqu’au bout pour en profiter.)

Dans les premiers siècles, les chrétiens comptaient leurs exercices de piété — prières, génuflexions et mortifications — de deux manières :
1. Soit ils mettaient dans une poche un certain nombre de grains ou de petits cailloux, qu’ils faisaient passer un à un dans l’autre poche ;
2. Soit ils tenaient une corde munie d’un nombre déterminé de nœuds, et faisaient glisser le pouce d’un nœud à l’autre. D’autre part, lorsque les monastères et les ordres religieux furent fondés, à partir du IVe siècle, les moines priaient l’office en commun ; cet office comprenait le chant des psaumes, au nombre de cent cinquante, comme nous le savons, ainsi que des prières comme le Notre Père.
La tradition rapporte que les moines illettrés, chargés du travail de la terre, étaient dispensés du chant des psaumes et les remplaçaient par la récitation de l’Oraison dominicale.

Au début du XIIIe siècle, l’Église connut un saint prêtre espagnol, saint Dominique, fondateur des Dominicains, célèbre pour sa science et son éloquence, mais aussi pour sa sainteté, et surtout pour sa dévotion à la Vierge Marie. Dans sa dévotion envers elle, il se servait de la corde dont nous avons parlé. À cette époque, les Albigeois du sud de la France s’étaient engagés dans l’hérésie, et les missionnaires et les prédicateurs ne parvenaient pas à les ramener à la foi. L’Église envoya enfin le père Dominique pour les convertir. Selon la tradition dominicaine, la Vierge Marie apparut à leur fondateur vers 1213, tenant un chapelet à la main, et lui dit : « Tu ne réussiras pas par l’habileté de la parole, mais par ce chapelet que tu tiens à la main. Je suis avec toi ; et quand tu les auras convertis, apprends-leur à le prier… » Et il en fut ainsi.
En 1216, le père Dominique fonda son Ordre. Plus tard, au XVe siècle, le dominicain Alain de la Roche fut le premier à penser que la prière du chapelet, dans sa forme primitive, était une prière sèche, et qu’il y avait un vaste champ pour méditer les mystères profonds qui unissent la vie de la Vierge Marie et celle de son Fils Jésus. C’est ainsi que ce religieux organisa la prière du Rosaire telle qu’elle nous est parvenue. Il l’appela « Rosaire », parce qu’il est comme un bouquet de roses que nous offrons à la Vierge. Il l’organisa ainsi :

  • Puisque la vie de Jésus-Christ et celle de sa Mère, la Vierge Marie, associée à lui dans les mystères de l’Incarnation et de la Rédemption, sont passées par trois étapes — la joie, la douleur et la gloire —, le Rosaire fut divisé en trois parties, chacune composée de cinq « dizaines » ou « mystères », chaque dizaine comptant dix grains.

La première partie s’appelle les « mystères joyeux » : l’Annonciation de l’ange à la Vierge, la Visitation de la Vierge à sa parente Élisabeth, la Nativité de Jésus à Bethléem, sa Présentation au Temple, et son Recouvrement au Temple. La deuxième partie s’appelle les « mystères douloureux » : l’agonie de Jésus au jardin, la flagellation, le couronnement d’épines, le portement de la croix, et la mort de Jésus sur la croix.
La troisième partie s’appelle les « mystères glorieux » : la Résurrection de Jésus, son Ascension au ciel, l’envoi de l’Esprit Saint, l’Assomption de la Vierge au ciel, et son couronnement par la Sainte Trinité comme Reine du ciel et de la terre. Entre chaque dizaine, on ajoute un gros grain isolé, consacré à la récitation du « Gloire au Père » et de l’« Oraison dominicale », que le Seigneur Christ enseigna aux apôtres dans l’Évangile (Mt 6, 9-13).
On a ajouté à ce chapelet :
– la croix, car le chrétien commence toutes ses actions, et surtout sa prière, par le signe de la croix ;

  • un gros grain isolé, pour la récitation du Credo (« Je crois en Dieu ») ;
    trois grains pour trois « Je vous salue Marie », en méditant les trois titres que la Vierge Marie est seule à posséder : « Fille du Père, Mère du Fils et Épouse de l’Esprit Saint ».

Et enfin la médaille triangulaire qui relie le chapelet, en souvenir de celui que la Vierge Marie tenait lors de son apparition à saint Dominique.

Comme il était difficile aux fidèles de réciter chaque jour le Rosaire entier, c’est-à-dire quinze dizaines, l’Église jugea bon par la suite de se contenter d’un tiers du Rosaire, soit cinq dizaines. On assigna traditionnellement le lundi et le jeudi aux mystères joyeux, le mardi et le vendredi aux mystères douloureux, le mercredi et le samedi aux mystères glorieux ; le dimanche était consacré aux mystères joyeux de l’Avent au Carême, aux mystères douloureux pendant tout le Carême, et aux mystères glorieux de Pâques à l’Avent.

En octobre 2002, le saint pape Jean-Paul II proclama l’« Année du Rosaire », qui dura d’octobre 2002 à octobre 2003. Il ajouta au Rosaire les « mystères lumineux », qui orientent notre méditation vers certains événements de la vie publique de Jésus, riches de sens profond : le Baptême, les noces de Cana, l’annonce du Royaume de Dieu et l’appel à la conversion, la Transfiguration et l’institution de l’Eucharistie. Depuis lors, la répartition habituelle est la suivante : les mystères joyeux le lundi et le samedi, les mystères douloureux le mardi et le vendredi, les mystères glorieux le mercredi et le dimanche, et les mystères lumineux le jeudi.

Si nous nous arrêtons à cette histoire, le Rosaire apparaît comme une œuvre humaine. Mais si nous suivons les interventions directes de la Vierge Marie dans ses apparitions merveilleuses, il apparaît que ce chapelet est un don très précieux de la Vierge elle-même, un trésor d’effet céleste pour tous ceux qui le portent dans leur poche, le suspendent à leur cou ou le mettent sous leur oreiller, et le prient avec fidélité et piété. Outre son apparition à saint Dominique, comme nous l’avons vu, la Vierge Marie est apparue sur la terre à de nombreuses reprises ; elle parlait du chapelet et encourageait les fidèles à le réciter chaque jour. Dans certaines de ses apparitions, elle apparaissait même le chapelet à la main. Par exemple :
1. En 1535, selon la tradition, elle apparut à sainte Angèle Merici, fondatrice des Ursulines, congrégation vouée à l’éducation des jeunes et au service des malades et des personnes âgées. Elle lui dit notamment : « Habitue les enfants à réciter le chapelet. Mets le chapelet sous l’oreiller du malade, et il se convertira et fera une bonne mort… »

2. En 1830, elle apparut à Paris à sœur Catherine Labouré ; elle l’interrogea sur son chapelet et insista pour qu’elle le récite chaque jour avec les sœurs.

3. En 1858, elle apparut à la grotte de Lourdes à sainte Bernadette Soubirous, tenant dans ses mains jointes un chapelet qui descendait jusqu’à ses pieds ; elle lui demanda de toujours prier le chapelet, et de le prier avec la foule à la grotte. Pendant que la sainte récitait le chapelet sous le regard de la Vierge, la visiteuse céleste faisait avec elle le signe de la croix, murmurait avec elle le « Notre Père », et lui souriait à chaque « Je vous salue Marie ».

4. En 1874, elle apparut à Mère Marie-Alphonsine, fondatrice de la Congrégation des Sœurs du Rosaire de Jérusalem, portant sur la poitrine une croix d’où pendait un grand chapelet qui passait entre ses mains ouvertes et descendait jusqu’au bas de sa robe. Elle lui dit : « Le Rosaire est ton trésor ; compte sur ma miséricorde et aie confiance en la générosité divine, et je t’aiderai. Je veux que le Rosaire perpétuel soit récité dans le couvent, par les sœurs et les jeunes filles. » Puis elle lui jeta le chapelet de sa main et disparut.

5. En 1917, elle apparut à Fatima (Portugal) à trois petits bergers, un chapelet pendant de ses mains jusqu’à ses pieds. Elle demanda aux enfants où était leur chapelet ; ils répondirent : « À la maison. » Elle dit : « Non, il ne faut pas laisser le chapelet à la maison ; il faut le porter avec vous comme un trésor précieux. Et pourquoi ne pas le prier ici, dans le champ ? »

Le chapelet a des effets merveilleux dans les âmes de ceux qui le récitent avec ferveur et foi, qu’ils soient prêtres, religieux ou religieuses, jeunes gens ou jeunes filles, grands chefs ou prédicateurs célèbres.

Rappelons ici un grand événement de l’histoire : la victoire des États européens sur les Turcs à la bataille de Lépante, le 7 octobre 1571, sous le pape Pie V. Selon la tradition, les fidèles s’étaient rassemblés, pleurant et se lamentant, place Saint-Pierre, craignant la défaite de leurs armées. Le pape leur demanda de prier le Rosaire ; puis il rentra dans sa chambre, s’agenouilla devant le crucifix et pria le Rosaire et les litanies de la Vierge ; ensuite il revint au balcon et s’écria devant la foule : « Je vous annonce la fin de la guerre et la victoire de la chrétienté. » On attribue souvent au pape Pie V l’ajout aux litanies de l’invocation « Secours des chrétiens », à la suite de cette victoire. Le saint pape mourut l’année suivante, et son successeur, Grégoire XIII, fixa au 7 octobre la fête du Rosaire. Bien plus tard, en 1883, le pape Léon XIII ajouta aux litanies l’invocation « Reine du très saint Rosaire ».

Un peu plus d’un siècle après cette bataille, les Turcs repartirent à l’assaut de l’Europe centrale par voie de terre et assiégèrent Vienne pendant environ deux mois. Jean Sobieski, roi de Pologne, conduisait l’armée de secours chrétienne. On raconte qu’avant la bataille, il se tourna vers la Vierge pour implorer son secours, son chapelet à la main, tandis que les chrétiens assiégés dans la ville priaient le Rosaire. Le 12 septembre 1683, l’armée ottomane fut vaincue, le siège fut levé et la guerre prit fin. En action de grâce, le pape Innocent XI étendit à toute l’Église la fête du Saint Nom de Marie (12 septembre). Plus tard, le pape Léon XIII consacra tout le mois d’octobre à la dévotion du Rosaire (1883).

Si nous parcourons l’enseignement des papes qui se sont succédé sur le siège apostolique et ont conduit l’Église du Christ, nous n’en connaissons pas un seul qui ait omis de parler du Rosaire ou négligé de le réciter, de le garder, de le recommander et de l’honorer. Rappelons parmi eux le saint pape Jean-Paul II, qui ne se séparait jamais de son chapelet, où qu’il aille.

Préparé par Rita, de l’équipe Sawt el Rab

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