L’origine de la croix tatouée sur la main
Le tatouage d’une croix sur la main est connu chez les Coptes depuis très longtemps (on le pique à l’aiguille avec une sorte d’encre verte, sur la main droite). Aujourd’hui encore, la plupart des Coptes portent une petite croix tatouée sur la main droite. Quelle en est l’origine ?
Elle remonte à ce que l’on appelle « l’ère des martyrs », à l’époque de la domination romaine sur l’Égypte. Comme les chrétiens étaient prêts à donner leur vie pour le Christ, les pères et les mères craignaient pour leurs petits enfants qui ne savaient pas encore parler. Si le père et la mère étaient mis à mort pour le Christ en laissant derrière eux leur bébé, ils voulaient protéger celui-ci et son avenir : ils tatouaient donc le signe de la croix sur la main de l’enfant dès sa petite enfance. Ainsi, même s’il ne savait pas parler et qu’on l’amenait devant le gouverneur, ce signe sur sa main proclamait qu’il était chrétien. Et si les parents mouraient et que l’enfant restait en vie, il saurait en grandissant, grâce à la croix sur sa main, qu’il était d’origine chrétienne.
Une autre explication, moins répandue, fait remonter cette coutume à l’époque du calife fatimide al-Hakim bi-Amr Allah : voulant distinguer les Coptes des musulmans, il aurait ordonné que l’on tatoue le signe de la croix sur la main des Coptes. Bien que toutes ces raisons aient disparu aujourd’hui, cette ancienne coutume se transmet toujours ; les Coptes de toute l’Égypte continuent de la pratiquer, et des artisans qui ont hérité ce métier l’exercent, tout comme les Coptes ont hérité la coutume.
Avec le temps, cette coutume est passée de la préservation de l’identité à la fierté, comme on aime à le dire en citant la parole de l’Écriture : « Pour moi, que la croix de notre Seigneur Jésus Christ reste ma seule fierté » (Galates 6, 14). Et comme toute coutume transmise de génération en génération, elle est devenue une part de la culture et des traditions ; les tatoueurs suivent leur temps avec des machines et des aiguilles modernes, pour éviter les risques médicaux liés à ce tatouage douloureux.
Préparé par Rita, de l’équipe Sawt el Rab




