Saint Bernard
Il était issu d’une famille française illustre par sa noblesse et sa piété chrétienne. Il réussit brillamment ses études et fut un modèle pour les jeunes, surtout par la garde de sa pureté.
À vingt-deux ans, il quitta le monde avec quatre de ses frères, son oncle le comte Gaudry et un grand nombre de jeunes gens, une trentaine en tout, et entra avec eux dans l’Ordre de Cîteaux, qui suit la règle de saint Benoît. Il s’adonna au silence, à la prière et à l’obéissance parfaite. Il se distinguait par un esprit de douceur, d’humilité, de charité et d’union à Dieu. Il pratiquait toutes sortes d’austérités, recherchait les services les plus humbles et portait des vêtements usés. Il consacrait ses moments libres à remplir son esprit et sa mémoire des versets de la Sainte Écriture, au point d’en savoir la plus grande partie par cœur ; ses ouvrages et ses lettres en débordent.
À vingt-cinq ans, il partit fonder l’abbaye de Clairvaux, dans un lieu désert qui se peupla bientôt de moines et d’ascètes, célébrant les offices et pratiquant les mortifications et les pénitences les plus rudes. Bernard était à leur tête : il reçut du ministère de l’évêque la charge d’abbé de la communauté.
Il fut un abbé sage, patient et entièrement dévoué au service de ses moines.
Son abbatiat dura trente-huit ans. Il donna à l’Église un très grand nombre de moines, dont beaucoup venaient de la noblesse et du monde cultivé, des chefs militaires et des grandes familles.
Il fonda un monastère de femmes où prit le voile sa sœur unique, Hombeline, qui y vécut saintement ; son jeune frère et son vieux père entrèrent aussi dans son monastère, et son père mourut en odeur de sainteté entre ses bras.
Il fut le guide des grands et des puissants de ce monde. Il combattait avec audace l’orgueil et la décadence des mœurs, exigeait la réparation des torts et l’aide aux pauvres et aux nécessiteux, et répandait partout la paix et l’ordre par son jugement sûr et sa parole efficace. Ses sermons et ses prédications captivaient les cœurs par leur éloquence et la force de leurs arguments, si bien qu’on le surnomma
« le Docteur à la bouche de miel » (Doctor mellifluus).
On l’appela aussi « la harpe de la Vierge », pour qui il avait une grande dévotion ; il composa en son honneur de magnifiques prières et hymnes.
Ses nombreuses lettres et ses œuvres de théologie et de vie spirituelle l’ont placé parmi les Pères et les grands docteurs de l’Église. Il participa à de nombreux conciles, où il eut une influence de premier plan. Son disciple, le pape Eugène III, le choisit pour appeler les princes et les rois chrétiens à la deuxième croisade.
Malgré sa maladie, il alla rétablir la paix entre deux camps en guerre civile et réussit dans sa mission. Puis il revint à son monastère, où il mourut en 1153.
Que sa prière soit avec nous. Amen. On retient de lui cette parole : « Un serviteur de Marie ne périra jamais. »






