Vie de sainte Christine, martyre
La fille du gouverneur de Toscane
Urbain était gouverneur d’une ville de Toscane, en Italie. Il s’était beaucoup enrichi en vendant certains captifs comme esclaves et en libérant les autres contre de fortes rançons. Il était connu pour sa violence et sa cruauté. Il eut une fille unique, appelée Christine ; il en fut très heureux et lui fit bâtir un palais somptueux. Christine était toute la vie de son père, qui s’occupait d’elle de tout son esprit et de tout son cœur. Il lui offrit tout le luxe possible, des jardins autour du palais et bien d’autres choses. Il lui donna aussi des nourrices païennes, de peur qu’elle ne fréquente des chrétiens et ne découvre leur religion. Il plaça des statues de ses dieux partout dans le palais et fit venir des prêtres des idoles comme maîtres pour instruire sa fille. Car les païens savaient combien la foi chrétienne était attirante, et combien les chrétiens influençaient les autres par leur vie sainte et leur conduite spirituelle vivante.
Son désir de connaître la vérité divine
Christine se promenait dans le jardin de son palais. Ni le palais avec toute sa splendeur, ni le vaste jardin avec ses belles fleurs et ses fruits ne l’occupaient. Ce qui enflammait son cœur simple, c’était le désir de connaître la vérité divine. Elle regardait le ciel, le soleil, la lune et les étoiles, et contemplait les plantes, sentant l’existence d’un Créateur sage et puissant. Elle n’était pas convaincue que les idoles, qui n’entendent pas, ne voient pas et ne sentent pas, fussent le créateur de ce beau monde ; elles n’étaient que l’œuvre de mains humaines.
Une vision divine
Tout son cœur était occupé par ce Dieu qui lui était encore inconnu, et les cris secrets de son cœur montaient vers le ciel. Dieu répondit à ses désirs sincères : un ange lui apparut en songe et lui dit : « Je suis envoyé par le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs. » Christine se réveilla, le désir de connaître le Dieu vivant encore plus ardent.
L’attrait des martyrs
Un jour, Christine accompagna son père sur son lieu de travail ; c’était un jour de procès contre des chrétiens. Le gouverneur était fier de torturer les chrétiens et en éprouvait une grande satisfaction. Christine s’étonnait des sentiments amers de son père envers des gens jugés pour leur religion, sans être accusés d’aucun crime ni d’aucune mauvaise action. La seule accusation était le nom de « Jésus », qu’ils avaient reçu comme leur Sauveur. La conduite des chrétiens, même au moment du martyre, attirait l’âme.
Christine revint au palais, non pas fière de ce que faisait son père, mais se demandant quel était le secret qui permettait aux chrétiens de supporter les tourments et les humiliations avec une si grande joie. Elle parla avec quelques femmes qui travaillaient au palais et qui semblaient pleines de piété ; elles lui parlèrent de l’immense amour de Dieu, de l’œuvre de salut du Christ et de la douceur de la vie nouvelle dans le Christ Jésus. Le cœur de Christine trouva le repos ; elle fut remplie d’une force merveilleuse et se mit à briser les statues de pierre.
Son témoignage devant son père
Son père apprit ce qu’avait fait Christine et vint lui demander des explications. Elle lui raconta la vision qu’elle avait eue et lui dit qu’elle avait accepté la foi au Christ. Urbain, stupéfait, la gifla de toutes ses forces et la menaça de la tuer et de la mettre en pièces si elle ne renonçait pas à cette idée. Voyant que les menaces rendaient Christine encore plus forte et plus attachée à la foi chrétienne, il se mit à la cajoler et à lui faire de nombreuses et grandes promesses. Mais elle n’avait d’autre souci que de rester unie à Dieu et de goûter la vie nouvelle.
La flagellation
Urbain n’eut pas pitié de sa fille unique, car il ne supportait pas le nom de Jésus crucifié. Il la fit fouetter jusqu’à ce que son corps soit déchiré et que son sang coule, puis la fit jeter en prison pour qu’elle serve d’exemple à tous dans sa province.
La mort de son père
Des bandes armées attaquèrent la ville ; le gouverneur leur fit la guerre et y fut tué. Christine le pleura, car il était mort sans repentir et sans foi en Dieu, le Sauveur du monde. Elle retourna dans son palais et, après avoir reçu le baptême, pratiqua sa foi ouvertement. Puis elle vendit tous les biens hérités de son père et en distribua le prix aux pauvres. Elle devint une prédicatrice de la foi chrétienne par son amour concret et son souci des nécessiteux.
Ses tourments
La nouvelle du baptême de Christine, de son témoignage pour la foi chrétienne et de son souci des pauvres se répandit, et le nouveau gouverneur, Dion, la fit comparaître. Dion lui promit de lui rendre tous les biens qu’elle avait vendus et de la combler de présents, mais son amour pour le Roi céleste l’emporta sur toutes les tentations. Devant sa fermeté, le gouverneur la fit placer sur un lit de fer sous lequel on alluma un feu, mais Dieu la protégea.
Le gouverneur l’accusa d’être une magicienne et lui ordonna de se prosterner devant les idoles. Elle fit semblant d’accepter, et il en fut tout joyeux. Elle s’avança vers une des idoles, la frappa du pied de toutes ses forces : l’idole tomba et se brisa complètement. Dion n’en crut pas ses yeux ; la colère remplit son cœur. Il rentra chez lui, l’âme amère, ne sachant que faire de cette vierge. Dans sa fureur, il fut frappé d’une crise cardiaque et mourut la nuit même.
Le nouveau gouverneur commença son mandat par le procès de Christine, pensant pouvoir la convaincre d’abandonner sa foi, mais il échoua. Il la fit jeter dans une pièce remplie de serpents venimeux. Quand on ouvrit la pièce le lendemain, il s’attendait à la trouver morte, mais il la trouva debout en prière, les serpents à ses pieds, comme s’ils étaient heureux d’être près d’elle. Le gouverneur, terrifié et tremblant, l’accusa de sorcellerie. Voulant l’empêcher de prier, il lui fit couper la langue, mais il ne put priver son cœur de la prière silencieuse.
Son martyre
Sur l’ordre du gouverneur, Christine fut attachée à un arbre, et on tira sur elle des flèches jusqu’à ce qu’elle reçoive la couronne du martyre. Son oncle, qui avait cru au Christ, prit soin de son corps très pur et l’ensevelit.
L’Église d’Occident fête sainte Christine le 24 juillet.






