Les nombreuses affirmations du Nouveau Testament selon lesquelles Jésus est « ressuscité d’entre les morts » (1 Co 15, 20) supposent qu’avant la résurrection, il a séjourné dans le lieu des morts. C’est le premier sens que la prédication apostolique a donné à la descente de Jésus aux enfers : Jésus a connu la mort comme tous les hommes, et il les a rejoints, par son âme, dans le séjour des morts. Mais il y est descendu en Sauveur, annonçant la Bonne Nouvelle aux âmes qui y étaient retenues.
Le séjour des morts où le Christ est descendu, l’Écriture l’appelle les enfers (le Shéol ou l’Hadès), parce que ceux qui s’y trouvent sont privés de la vision de Dieu. Tel est l’état de tous les morts, méchants ou justes, en attendant le Rédempteur ; ce qui ne veut pas dire que leur sort soit le même, comme Jésus le montre dans la parabole du pauvre Lazare reçu « dans le sein d’Abraham ». « Ce sont précisément ces âmes saintes, qui attendaient leur Libérateur dans le sein d’Abraham, que Jésus-Christ a délivrées quand il est descendu aux enfers. » Jésus n’est pas descendu aux enfers pour y délivrer les damnés, ni pour détruire l’enfer de la damnation, mais pour libérer les justes qui l’avaient précédé.
« La Bonne Nouvelle a été aussi annoncée aux morts… » (1 P 4, 6).
La descente aux enfers est l’accomplissement, jusqu’à la plénitude, de l’annonce évangélique du salut. C’est la phase ultime de la mission messianique de Jésus, phase limitée dans le temps, mais immensément vaste dans sa signification réelle : l’extension de l’œuvre rédemptrice à tous les hommes de tous les temps et de tous les lieux, car tous ceux qui sont sauvés ont été rendus participants de la Rédemption.
Le Christ est donc descendu dans les profondeurs de la mort afin que « les morts entendent la voix du Fils de Dieu, et ceux qui l’auront entendue vivront » (Jn 5, 25).
Jésus, « le Prince de la vie », a réduit à l’impuissance, « par sa mort, celui qui avait le pouvoir de la mort, c’est-à-dire le diable », et il a affranchi « tous ceux qui, par crainte de la mort, passaient toute leur vie dans une situation d’esclaves » (He 2, 14-15).
Désormais, le Christ ressuscité « détient les clés de la mort et de l’Hadès » (Ap 1, 18),
et « au nom de Jésus, tout genou doit fléchir, au ciel, sur terre et aux enfers » (Ph 2, 10).
« Un grand silence règne aujourd’hui sur la terre, un grand silence et une grande solitude. Un grand silence parce que le Roi dort. La terre a tremblé et s’est apaisée, parce que Dieu s’est endormi dans la chair et il est allé réveiller ceux qui dormaient depuis des siècles… Il va chercher Adam, notre premier père, la brebis perdue. Il veut aller visiter tous ceux qui sont assis dans les ténèbres et à l’ombre de la mort. Il va délivrer de leurs douleurs Adam dans ses liens et Ève, captive avec lui, lui qui est à la fois leur Dieu et leur fils… “Je suis ton Dieu, et à cause de toi je suis devenu ton fils… Éveille-toi, ô toi qui dors, car je ne t’ai pas créé pour que tu demeures captif dans les enfers. Relève-toi d’entre les morts : je suis la vie des morts.” » (Homélie ancienne pour le Samedi saint)
En bref
Par l’expression « Jésus est descendu aux enfers », le Symbole confesse que Jésus est réellement mort et que, par sa mort pour nous, il a vaincu la mort et le diable, « qui avait le pouvoir de la mort » (He 2, 14).
Le Christ mort, dans son âme unie à sa personne divine, est descendu au séjour des morts. Il a ouvert aux justes qui l’avaient précédé les portes du ciel.
Catéchisme de l’Église catholique, n° 632-637



