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Le jeûne des Apôtres, joie et action de grâce

Le jeûne des Apôtres, joie et action de grâce

– Le jeûne des Apôtres commence le lundi qui suit le dimanche de Tous les Saints, c’est-à-dire une semaine après la Pentecôte (en 2025 : le lundi 16 juin), et se termine la veille de la fête des saints Pierre et Paul, le 29 juin (le 12 juillet pour ceux qui suivent l’ancien calendrier). Sa durée peut aller d’un jour à environ six semaines, selon la date de Pâques : les fêtes qui suivent Pâques (l’Ascension, la Pentecôte et Tous les Saints) sont mobiles, et la période qui se termine à la fête des Apôtres s’allonge ou se raccourcit d’autant.

Remarque : autrefois, l’Église jeûnait jusqu’au coucher du soleil, et non jusqu’à midi comme aujourd’hui pendant le grand Carême. Saint Basile le Grand († 379) s’adresse à l’esprit pharisien chez les chrétiens, c’est-à-dire à ceux qui réduisent le jeûne chrétien à l’abstinence matérielle et négligent le jeûne spirituel : la prière, le repentir et l’amour du prochain. Ils proclament leur amour pour Dieu, mais ne se soucient pas d’aimer le prochain comme le demande l’Écriture. Le grand saint dit : « Tu ne manges pas de viande, mais, hélas, tu dévores ton frère ; tu ne bois pas de vin, mais tu ne sais pas retenir ta langue des insultes ; tu attends le soir pour manger, mais tu passes toute ta journée dans les tribunaux. »

Le jeûne des Apôtres est très ancien. On en trouve la trace dans les Constitutions apostoliques (fin du IVe siècle), qui rapportent cette recommandation attribuée aux Apôtres : « Après avoir célébré la fête de la Pentecôte, fêtez une semaine ; et après cette semaine, jeûnez. Car il convient de se réjouir du don accordé par Dieu (l’Esprit Saint) et de jeûner après s’être réjoui. »

Les Actes des Apôtres le confirment en plusieurs passages : les Apôtres vivaient dans la prière et le jeûne, surtout avant une décision importante pour l’Église du Christ, ou pour rendre grâce à Dieu d’un bienfait et d’une grande joie : « Un jour qu’ils célébraient le culte du Seigneur et qu’ils jeûnaient, l’Esprit Saint dit : “Mettez à part pour moi Barnabé et Saul en vue de l’œuvre à laquelle je les ai appelés.” Alors, après avoir jeûné et prié, ils leur imposèrent les mains » (Actes 13, 2-3).

Et le Seigneur dit : « Cette espèce-là ne sort que par la prière et le jeûne » (Matthieu 17, 21).

La durée du jeûne a été fixée par l’intervalle entre le dimanche de Tous les Saints et la fête des saints apôtres Pierre et Paul, le 29 juin, suivie le lendemain de la fête collective de tous les saints Apôtres. À l’origine, ce jeûne est une action de grâce à Dieu pour l’Esprit Saint descendu sur l’Église à la Pentecôte, et une consécration de la vie par le jeûne. Une fois la paix rendue à l’Église au temps de l’empereur Constantin le Grand, cet usage s’est répandu et a été fixé : en l’honneur des saints Apôtres, maîtres de la vraie piété et pasteurs du monde entier, les chrétiens jeûnent – en s’abstenant de viande, de fromage et de tous leurs dérivés – à partir du lundi qui suit le dimanche de Tous les Saints jusqu’à la fête des Apôtres.

Ce jeûne est donc une tradition ancienne, partagée à l’origine par l’Orient et l’Occident. Saint Basile le Grand dit : « Ne limite pas le jeûne à l’abstinence de nourriture, car le vrai jeûne, c’est de s’abstenir du mal. » Rendons grâce au Seigneur pour les dons de l’Esprit Saint et pour le salut qu’il a écrit avec l’encre de son sang très saint sur la croix ; il nous a relevés de la mort de nos péchés et nous a couronnés de grâce et de vie. Jeûnons donc et réjouissons-nous de l’amour divin dont il nous a comblés, nous les faibles, en nous élevant à la dignité de fils. Jeûnons ensemble en élevant vers lui nos supplications et nos cœurs, pour qu’il fasse descendre aussi sa paix sur nos pays, sur tous nos pays où vivent nos frères de foi orthodoxe, et sur le monde entier ; et qu’il fasse de nous, sur les pas des saints Apôtres, ses témoins pour toujours.

Amen.

P. Boutros Zein

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