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À Noël, « Dieu » se révèle tel qu’il est ; à Noël se révèle aussi la volonté de Dieu

Vœux de Noël

« Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu’il aime. »
Par cette acclamation des anges et par cette annonce, je vous salue avec mes vœux paternels en la fête de Noël. Je demande à Dieu pour vous tous, pour vos enfants, vos proches et tous ceux qui nous entourent, une année bénie et un temps de paix, la joie, la réconciliation et le bonheur entre tous les hommes. L’Enfant de la grotte, dans sa faible forme humaine, demeure le Dieu de la paix ; et nous, ses disciples, sommes des apôtres de la paix : nous rachetons le monde comme il l’a racheté, par le renoncement à soi et la recherche de l’homme égaré. À Noël, nous prions ensemble, non seulement pour nous-mêmes, nos amis ou nos voisins, mais « pour les hommes » et « pour la terre », comme les anges l’annoncèrent aux bergers à la naissance de Jésus. Et cette prière n’est pas que des mots : c’est une responsabilité, avec tous les sacrifices qu’elle exige.
À Noël, « Dieu » se révèle : comment il est et qui il est. À Noël se révèle aussi la volonté de Dieu. Les religions en général parlent de Dieu et en donnent des images, dont certaines sont vraies et d’autres parfois incomplètes. L’Ancien Testament non plus n’a pas vu Dieu, et n’a pas exprimé pleinement sa volonté. Avant le temps du Nouveau Testament et le jour de l’Incarnation, l’homme entend parler de Dieu et reçoit des lois qui veulent exprimer la volonté de Dieu. Nous avons ainsi la religion et la loi. La religion est une philosophie de la foi, une philosophie qui dessine avec des mots Celui qu’aucun mot ne peut contenir. Et nous avons la loi qui, au fil de l’histoire, s’est étendue jusqu’aux moindres détails de la vie quotidienne, la rendant bien souvent prisonnière des règlements, au point que Paul l’a décrite comme une chose morte : « La lettre tue, mais l’Esprit donne la vie. »
Le jour où Jésus est né, la religion et la loi ont changé : la doctrine et la loi ont été transformées. Dieu est devenu visible, et nous n’avons plus besoin d’une philosophie de la religion ; la volonté de Dieu s’est révélée, et nous ne sommes plus esclaves de la législation.
Veux-tu comprendre Dieu, bien plus, voir Dieu, Celui que l’Ancien Testament croyait que personne ne pouvait voir sans mourir ? « Viens et vois. » Telle est la réponse du chrétien après Noël. Aujourd’hui Dieu répond à la demande de Moïse : « Seigneur, montre-moi ta face. » Et aujourd’hui Dieu envoie sa volonté non plus sur des tables de pierre (la Loi), mais en son Fils, le Verbe incarné, volonté vivante de Dieu.
Le Dieu dont nous parlons est Dieu dans la mesure où les mots le permettent, et dans la mesure où l’intelligence le permet. Mais le Dieu incarné, c’est Dieu « tel qu’il est », au-delà de nos paroles et loin des déformations de nos idées.
Qui est Dieu ? Lis l’Évangile, aime Jésus, appelle comme le fait l’Apocalypse : « Viens, Seigneur Jésus ! »
À Noël s’est donc révélé « Dieu tel qu’il est », et non tel que nous l’avons écrit ou compris. L’expression « Dieu tel qu’il est » signifie beaucoup de choses, mais elle nous dit surtout quelques vérités premières :
Que Dieu est Trinité. Nous avons vu le Fils, ce qui signifie qu’il y a le Père. Et le Fils nous a appris, non par des prophètes mais directement, que Dieu est Trinité en un seul Dieu. Et que Dieu est « amour ». Quelle Bonne Nouvelle ! Si Dieu s’était montré seulement juste, nous ne pourrions pas annoncer la joie, mais au contraire le jugement. Et si Dieu s’était montré injuste, ce serait pire encore, et l’Évangile (la Bonne Nouvelle) serait une mauvaise nouvelle. Mais quelle joie pour nous : Dieu aime jusqu’à l’Incarnation et au-delà, jusqu’à la croix, la résurrection et l’ascension.
Et que Dieu a pris « notre chair ». Ce n’est pas pour porter atteinte à sa dignité, mais pour élever la nôtre. L’Incarnation n’est pas une humiliation pour Dieu mais une gloire, car elle est faite pour notre dignité ; et la gloire de Dieu, c’est de nous glorifier. La pensée platonicienne a influencé de nombreuses interprétations dans différentes religions, et dans une certaine mesure même des commentaires chrétiens : cette pensée voit le corps comme mauvais, comme une prison de l’âme, et place la perfection dans le fait de s’en libérer ; dès lors, l’incarnation signifierait une déchéance. Au contraire, dans le christianisme, le péché ne vient pas du corps mais de l’âme. Le corps n’est pas mauvais. C’est pourquoi, si dans le platonisme l’incarnation serait une honte pour Dieu, dans le christianisme elle est le signe de son amour infini, et donc l’image de sa gloire.
À Noël s’est révélée aussi la volonté de Dieu – non telle que l’ont écrite les lois humaines, avec leurs éléments humains, jusqu’à ce point que le Seigneur Jésus a dénoncé dans l’Évangile lorsqu’il reprocha aux législateurs d’annuler la vraie loi pour établir leurs propres préceptes, et de tuer la miséricorde tout en payant la dîme de la menthe.
C’est « la volonté de Dieu telle qu’elle est » qui s’est révélée. Jésus est le Verbe de Dieu en ce sens qu’il exprime la pensée-volonté de Dieu, comme la parole est l’expression de la pensée. Et quelle Bonne Nouvelle ! Voici quelle est la volonté de Dieu :
accomplir son amour pour nous, nous racheter, nous glorifier, et ne pas nous laisser seuls. L’Incarnation prouve que Dieu aime de façon responsable et non en apparence. L’Incarnation prouve que « Dieu est avec nous » réellement, et non par des messages et des messagers. L’Incarnation veut dire qu’il est venu porter nos fardeaux, guérir nos maladies et relever nos faiblesses, et que par ses blessures nous sommes guéris. L’Incarnation est la preuve que Dieu est avec nous pour nous glorifier.
Voilà notre Bonne Nouvelle de Noël : une grande joie, parce que Dieu est amour et qu’il veut que nous vivions. Il est venu pour être « avec nous », pour agir « avec nous », et pour que nous soyons glorifiés avec lui, c’est-à-dire pour qu’il soit dans sa gloire « avec nous » et que nous soyons avec lui dans sa gloire.
« Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu’il aime. » Amen.

P. Gérard Abi Saab

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