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La Paraclisis : prière de supplication à la Mère de Dieu

La Paraclisis : prière de supplication à la Mère de Dieu

Le mot « Paraclisis » signifie consolation ou supplication. C’est l’un des plus beaux textes liturgiques : une supplication et une prière instante adressées à la Mère de Dieu. Rien d’étonnant à cela, car la Vierge Marie occupe une place unique dans la liturgie, et de nombreux hymnes et textes liturgiques ont été composés pour la louer et demander son intercession.

L’Église byzantine consacre le mois d’août à la Vierge Marie.

Il est beau de redire ce qu’Élisabeth, remplie de l’Esprit Saint, dit à la Vierge Marie lorsqu’elle vint la visiter : « D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? » Et il est plus beau encore de vivre cette parole et d’être conscient de cette présence.

Du 1er au 14 août, l’Église byzantine chante en alternance les offices de la Petite et de la Grande Paraclisis, en préparation à la fête de la Dormition de la Mère de Dieu. La Petite Paraclisis peut aussi être chantée en tout temps de besoin, maladie ou détresse. Il est de tradition de la chanter dans les monastères tout au long de l’année, à différents moments, et beaucoup de fidèles l’intègrent à leur règle de prière quotidienne.

Son histoire : les spécialistes hésitent à attribuer la Petite Paraclisis au moine Théostérictos l’ermite ou à Théophane ; quant à la Grande, on dit qu’elle a été composée par l’empereur Théodore Doukas Laskaris.

Dans les premiers siècles du christianisme, le peuple pieux de Constantinople avait coutume de porter en procession le bois de la Croix vénérable dans les rues de la ville, du 1er au 14 août, pour consacrer la ville et la préserver des maladies, en particulier des infections des yeux, qui risquaient de se répandre parmi le peuple en ce mois-là. Le patriarche et les fidèles entraient dans l’église Sainte-Sophie et récitaient la Paraclisis avec une grande ferveur, et ils observaient le jeûne connu sous le nom de jeûne de la Dormition, du 1er au 14 août. Quant au contenu de la Paraclisis, c’est une prière ardente que nous élevons, nous « qui cherchons le salut », « malades de l’âme et du corps », vers « l’ardente protectrice », « l’espérance des fidèles », qui « a enfanté le Seigneur compatissant et puissant » et qui « ne repousse pas le flot de nos larmes », afin qu’elle « s’empresse d’intercéder » « auprès de son Seigneur et Fils », qu’elle « guérisse les maladies de nos âmes et les souffrances de nos corps », qu’elle « nous délivre des épreuves et des passions », « de la mort et de la corruption » et « des méfaits du malin ennemi » (il nous échappe souvent que ce « malin ennemi » est le péché installé dans le cœur et qui le ravage), qu’elle « ôte de nous la tristesse du péché » et « l’ignorance » (notre ignorance de la vérité et notre ignorance de la prière), et qu’elle « sauve son peuple et sa ville » (son peuple, aujourd’hui, c’est la paroisse ; et sa ville, aujourd’hui, c’est le cœur du croyant). Et lorsque l’âme attentive qui prie, « prosternée devant l’icône de la Vierge », « oublie son peuple et la maison de son père » et le lieu même où elle se tient, alors elle est emportée avec la Vierge à travers les nuées de la louange, « avec les chœurs des êtres incorporels », là où demeure le Fils de la Vierge, dans « la ville aux douze remparts » (Apocalypse 21). Ainsi, l’office de la Paraclisis est la plus belle prière communautaire pour préparer les fidèles à la plus grande des fêtes de la Mère de Dieu.

Père Gérard Abi Saab

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