Le dimanche des Rameaux
La fête des Rameaux occupe une grande place dans le cœur de l’Église catholique. Commençons par les noms de la fête.
1. Le dimanche des Rameaux (« Cha’nineh » en arabe) : ce nom vient de « Hôshanna », qui correspond au grec « Hosanna » et signifie « sauve-nous ». Car le Christ est le véritable agneau immolé pour nous : il a été « mis à part » lorsqu’il est entré à Jérusalem, comme l’agneau pascal gardé du dixième au quatorzième jour, selon la Loi (Exode 12, 3-6).
2. Le dimanche des Palmes, des branches ou de l’Hosanna, où les prêtres et les diacres font le tour de l’église en portant des palmes, en souvenir de ce qui s’est passé aux portes de Jérusalem.
Pourquoi donc les palmes et les branches ? La palme est le symbole de la victoire, comme l’a vu Jean dans l’Apocalypse (Apocalypse 7, 9) : les vainqueurs portent des palmes. Les branches sont le symbole de la paix, de la sécurité et de la vie éternelle (comme pour Noé).
La prescience du Seigneur Christ : il dit à ses disciples : « Allez au village qui est en face de vous ; vous trouverez aussitôt une ânesse attachée et son petit avec elle. Détachez-les et amenez-les-moi. Et si l’on vous dit quelque chose, vous répondrez : “Le Seigneur en a besoin.” Et aussitôt on les laissera partir » (Matthieu 21, 2-3). Autrement dit, Dieu connaît l’avenir, si l’on peut dire, car Dieu est hors du temps : il n’y a pour lui ni passé, ni présent, ni avenir, mais tout le temps est devant lui comme sur une seule page.
L’accomplissement des prophéties sur ce jour : la prophétie de Zacharie 9, 9 : « Exulte de toutes tes forces, fille de Sion ! Pousse des cris de joie, fille de Jérusalem ! Voici ton roi qui vient à toi : il est juste et victorieux, humble, monté sur un âne, un ânon, le petit d’une ânesse. »
Le témoignage des enfants, des apôtres et du peuple : « Hosanna au fils de David ! Hosanna au plus haut des cieux ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Béni soit le règne qui vient, celui de David notre père ! » (Matthieu 21, 9 ; Marc 11, 9-10). Nous nous sommes posé une question : qu’est-ce qui a poussé les enfants et le peuple à acclamer ainsi quelqu’un qui venait à eux monté sur une ânesse et un ânon, en toute simplicité ? D’ailleurs, ceux qui ont crié « Hosanna » sont ceux qui crieront plus tard « Crucifie-le ! ». La réponse est qu’ils ne le comprenaient pas, mais que c’est Dieu qui parlait par leur bouche, au point que le Seigneur a dit : s’ils se taisent, les pierres crieront (Luc 19, 40). Dieu voulait montrer que celui qui venait à Jérusalem était le roi d’Israël, accomplissant les prophéties, comme nous l’avons dit.
Une question : comment le Seigneur Christ est-il entré, monté sur une ânesse et un ânon ? Sur quoi était-il monté ? Sur les deux ? Ou autrement ?
La réponse : le Seigneur Christ est monté sur l’ânesse et a cheminé avec elle jusqu’à Jérusalem, car Jérusalem est une ville bâtie sur une montagne ; l’ânesse connaît bien le chemin et elle est sûre sur les routes difficiles. C’est une image des fils d’Israël, car ils connaissaient les Écritures et les prophéties, mais ils ne se sont même pas élevés au niveau de l’âne qui connaît son maître : ils n’ont pas reconnu le Seigneur, dont le Théologien dit : « Il est venu chez les siens, et les siens ne l’ont pas reçu » (Jean 1, 11). Aux portes de Jérusalem, le Christ s’est arrêté, il est descendu, est monté sur le petit ânon et est entré avec lui dans Jérusalem. L’ânon est une image des nations, qui ne savaient pas grand-chose mais qui ont accueilli le salut, et Dieu leur a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu.
Les signes de la fête
Les vêtements étendus sur le chemin : ils signifient qu’on se dépouille des apparences extérieures pour que la vie avec Dieu vienne des profondeurs (Psaume 129 [130], 1), « faisant captive toute pensée pour l’amener à obéir au Christ » (2 Corinthiens 10, 5) ; « mon âme est collée à la poussière » (Psaume 118 [119], 25).
Les branches tenues à la main : elles proclament un intérieur vivant, blanc, pur, qui reçoit du Seigneur une vie qui ne finit pas… et elles sont le signe du vrai fruit, produit par l’action de l’Esprit Saint au-dedans (le fruit de l’Esprit, Galates 5, 22).
La ville tout entière en émoi : c’est le sentiment de la puissance du Sauveur, qui a régné depuis le bois de la croix, vainqueur de la mort.
Nous concluons en disant au Christ : « Hosanna, fils de David ! Béni sois-tu, toi qui viens au nom du Seigneur ! Viens, Seigneur, et règne sur la Jérusalem de mon esprit et de mon cœur. Que ton œuvre soit de délivrer mon âme des chaînes de mon corps, de délivrer mon esprit de mes pensées impures, et de me délivrer tout entier de tout ce qui m’empêche d’être avec toi.
Viens, Seigneur : je tiens les branches d’olivier, j’ai avec moi les palmes, et je chante en acclamant :
Hosanna au plus haut des cieux ! Hosanna au roi d’Israël ! »
Diacre Youssef Katta



