Le jeudi du Lavement des pieds
Autrefois, on avait coutume de laver les pieds des invités avant le repas, comme Abraham le dit aux trois hommes qui lui apparurent aux chênes de Mambré (Genèse 18, 4) :
« Permettez que l’on vous apporte un peu d’eau, vous vous laverez les pieds, et vous vous étendrez sous cet arbre. »
Et Jésus dit à Simon le pharisien, qui n’avait pas rempli les devoirs de l’hospitalité : « Je suis entré dans ta maison, et tu ne m’as pas versé d’eau sur les pieds » (Luc 7, 44).
Lors de la dernière Cène avec ses disciples, Jésus voulut que rien ne manque aux devoirs de l’hospitalité et des égards envers ses invités bien-aimés.
Cette même nuit, une discussion s’éleva entre les disciples pour savoir lequel d’entre eux était le plus grand (Luc 22, 24). Ce n’était pas la première fois qu’une telle querelle éclatait entre eux. Jésus-Christ leur dit : « Que le plus grand d’entre vous devienne comme le plus jeune » (Luc 22, 26).
Puis Jésus accomplit son commandement et exprima à ses disciples combien il les aimait : il ôta son vêtement de dessus pour ne pas être gêné, se ceignit d’un linge comme un serviteur, versa de l’eau dans un bassin,
et se mit à s’agenouiller devant chacun d’eux pour lui laver les pieds.
C’est vraiment un abaissement étonnant et une humilité profonde ; les disciples en furent saisis, leurs pensées se troublèrent et ils baissèrent la tête de confusion. Pierre, leur chef, le cœur serré, s’y opposa avec vivacité et respect, soucieux de la dignité de son Maître, et dit, stupéfait : « C’est toi, Seigneur, qui me laves les pieds ? »
Jésus lui répondit : « Ce que je veux faire, tu ne le sais pas maintenant ; plus tard tu comprendras » (Jean 13, 7). Jésus-Christ demande d’abord l’obéissance, puis il explique ce qu’il faut. Pierre refusait, mais le Christ lui dit : « Si je ne te lave pas, tu n’auras pas de part avec moi. » Cette parole fut comme un glaive dans le cœur de Pierre ; dès qu’il entendit l’avertissement de son Maître, il revint à l’obéissance et dit : « Alors, Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête ! » (Jean 13, 9),
comme s’il pensait qu’en étant lavé davantage, il plairait davantage et réparerait sa désobéissance.
Pierre comprit ensuite que le lavement accompli par Jésus était le lavement des péchés, et que personne n’a part avec Dieu s’il n’est lavé par l’eau du baptême, qui symbolise la mort et la résurrection du Seigneur Jésus et le chemin nouveau et saint que les disciples suivraient après la Résurrection.
Après le lavement, le Seigneur Jésus nous a enseigné que l’humilité est le pilier de l’Église, et que l’autorité n’est qu’une forme de service, en disant : « Celui qui veut être grand parmi vous sera votre serviteur. »
Seigneur, augmente notre foi en toi, et aide-nous à être comme tu nous l’as enseigné : humbles, aimants et serviteurs les uns des autres, dans une joie et une paix constantes.
Et nous redisons avec sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus : « Ô puissant Monarque des Cieux, oui, mon âme trouve le repos en vous voyant, revêtu de la forme et de la nature d’esclave, vous abaisser jusqu’à laver les pieds de vos apôtres. Je me souviens alors de ces paroles que vous avez prononcées pour m’apprendre à pratiquer l’humilité : “Je vous ai donné l’exemple, afin que vous fassiez vous-mêmes ce que j’ai fait. Le disciple n’est pas plus grand que le Maître… Si vous comprenez ceci, vous serez heureux en le pratiquant.” Je les comprends, Seigneur, ces paroles sorties de votre Cœur doux et humble ; je veux les pratiquer avec le secours de votre grâce. »




