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Méditation du dimanche des saints Pères des six premiers conciles œcuméniques (Matthieu 5, 14-19)

Méditation du dimanche des saints Pères des six premiers conciles œcuméniques (Matthieu 5, 14-19)

La vraie lumière, c’est le Christ : il est venu éclairer le monde, et il a fait de ses disciples des reflets de sa lumière, comme la lune reflète la lumière du soleil. Être lumière, c’est guider les autres dans leur vie et dévoiler le mal ; et la lumière des enfants de Dieu, c’est d’accomplir de bonnes œuvres, comme ils l’ont appris de leur Père céleste, et de guider aussi les autres par ces œuvres, pour les éclairer. Telle est l’œuvre des enfants de Dieu.

Et ce passage de l’Évangile est lu au dimanche des Pères réunis aux six premiers conciles œcuméniques. Les saints Pères insistent sur la nécessité d’expliquer correctement l’Écriture, pour que la foi devienne la vie des gens. La foi doit d’abord être vue et vécue. Comment comprendre, dans ce contexte, le choix par l’Église de ce passage du Sermon sur la montagne, où le Seigneur Jésus dit que ses disciples sont la lumière du monde, et que la mission de la lumière est d’éclairer et de montrer de bonnes œuvres, pour que Dieu le Père soit glorifié ?

Le monde a besoin de lumière. Il est demandé aux enfants de Dieu d’être la lumière du monde : telle est la mission que le Seigneur Christ leur a confiée. La lumière brille dans les ténèbres, d’autant plus que le besoin de lumière grandit. C’est pourquoi, plus les péchés des hommes augmentent dans une génération, plus grandit le besoin de saints qui brillent au milieu de cette génération.

Dieu nous a créés à son image et à sa ressemblance, c’est-à-dire pour vivre de sa lumière. Voilà ce que nous sommes : lumière. Malheureusement, l’homme d’aujourd’hui s’imagine n’être qu’une masse obscure de péchés et de faiblesses, et il vit selon cette règle : je suis pécheur, il n’y a pas de lumière en moi, et je ne serai jamais illuminé. C’est pourquoi il penche davantage vers les ténèbres que vers la lumière, et il est envahi par l’esprit de désespoir, de perdition et d’égarement. Mais la vérité solide de l’Écriture est celle-ci : Dieu a mis sa lumière en nous, et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée. « Béni soit celui qui illumine tout homme venant dans le monde » (office du baptême).

Une seule lampe peut éclairer toute une pièce… ainsi un seul saint peut éclairer toute une ville. Et le saint a beau essayer de cacher sa sainteté, il ne le peut pas, comme le dit le psaume de l’œuvre du Seigneur : il « fera lever comme la lumière ta justice » (Psaume 36 [37], 6).

Mes bien-aimés, si, dans notre amour pour les hommes, nous désirons les servir et nous fondre en eux comme le sel dans les aliments, afin de les présenter, par le repentir, comme une nourriture savoureuse qui réjouit Dieu, Dieu ne nous laisse pas nous dissoudre dans la terre : il nous élève et nous considère comme une lumière qui éclaire le monde. Il nous établit comme la lune qui reçoit la lumière du Soleil de justice pour en refléter l’éclat sur la terre, afin qu’elle soit illuminée dans son amour. Il reflète sa lumière sur le croyant, qui devient plus resplendissant que le soleil visible ; personne ne peut le cacher, même si le croyant lui-même voulait de toutes ses forces se cacher. Personne ne peut lui nuire, pas même ses adversaires mauvais. L’apôtre Paul dit : « afin que vous soyez irréprochables et purs, enfants de Dieu sans tache au milieu d’une génération dévoyée et pervertie, où vous brillez comme des astres dans l’univers. »

Comment donc pouvons-nous suivre le chemin de l’espérance, c’est-à-dire prendre conscience que nous sommes la lumière du monde ? Dans le Nouveau Testament, le mot « lumière » désigne l’acquisition de l’illumination, ou la vigilance et l’attention. Les exemples sont nombreux : la femme qui a perdu sa pièce d’argent allume une lampe pour la chercher ; les dix vierges allument leurs lampes en attendant la venue de l’Époux, et elles rappellent la nécessité de veiller, puisque personne ne connaît ni le jour ni l’heure où l’Époux viendra. La lampe du corps, c’est l’œil… « Si ton œil est mauvais, ton corps tout entier sera dans les ténèbres. Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, quelles ténèbres ! » (Matthieu 6, 23).

Saint Jean Chrysostome dit : « De même qu’une telle ville ne peut être cachée, de même il est impossible que ce qu’ils prêchent finisse dans le silence et l’oubli. »

Comment chasser la peur et allumer la lumière qui est en nous ? Le seul chemin est de remettre notre vie à Dieu ; c’est la peur qui nous en empêche. C’est ici que commence la purification des péchés, qui conduit à l’étape de l’illumination. Tel est le chemin de la foi, le chemin des Pères ; c’est ce qu’ils ont enseigné, vécu et expérimenté : manifester d’abord aux hommes la lumière de Dieu qui est en eux, comme une vie d’amour. Ils se sont embrasés dans la prière comme une bougie allumée qui se consume pour éclairer ceux qui l’entourent par l’amour, la vérité, la joie et la consolation (les bonnes œuvres), pour la gloire de Dieu. Quand nous voyons la lumière en nous, nous regardons les autres avec cette même lumière.

Par l’image de la ville bâtie sur une montagne, qui ne peut être cachée, le Seigneur a voulu encourager ses disciples à servir l’annonce de la Parole, en leur assurant que les persécutions ne peuvent ni cacher la vérité ni annuler l’œuvre de Dieu. Il nous compare aussi à la lampe que l’on ne met pas sous le boisseau, mais sur le lampadaire, pour qu’elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison. Et qu’est-ce que ce boisseau qui éteint la lampe de la lumière intérieure, sinon la soumission de notre vie spirituelle aux mesures matérielles ?

Le boisseau désigne aussi ce qui voile la lumière spirituelle, quand l’homme enveloppe son esprit de plaisirs charnels épais et passagers ; il emprisonne alors son esprit et l’empêche de prendre son envol vers l’éternité.

C’est pourquoi le Seigneur Christ a dit : « Une ville située sur une montagne ne peut être cachée. Et l’on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau ; on la met sur le lampadaire, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison. De même, que votre lumière brille devant les hommes » (Matthieu 5, 14-16). Une lumière placée dans une lampe de verre n’est pas cachée ; ainsi, le saint a beau essayer de cacher ses vertus, elles se révèlent d’autant plus que la lumière du Christ grandit dans sa vie par la vertu d’humilité, et qu’il devient plus transparent, comme un verre clair, à cause de la simplicité qui est dans le Christ.

L’union à Dieu est le seul chemin pour que la lumière qui est dans l’homme se manifeste au monde. Et cette union a un moteur essentiel : le désir de l’homme de vivre en Dieu, et l’amour de Dieu pour l’homme ; la lumière de la créature recherche de toutes ses forces la vraie Lumière incréée. Ainsi, la lumière de la vérité qui sauve remplit notre être par la purification, l’illumination et l’union à Dieu. Et ainsi la lumière déborde dans l’univers, éclairant le soleil, les planètes, les étoiles, toute la création et tout l’univers, et abreuvant toutes les créatures de la vie qui vivifie.

Nous avons reçu cette lumière lorsque nous avons reçu l’illumination, c’est-à-dire la grâce du baptême. Nous devons suivre la lumière qui guide tous les hommes vers le salut. Cette lumière ne connaît pas de déclin et porte en nous du fruit pour la vie éternelle. Voilà la joyeuse espérance que nous révèle le Seigneur Jésus-Christ : « Vous êtes la lumière du monde. »

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