Explication de l’icône du saint grand martyr Georges
Chers frères, voici l’explication de l’icône du saint grand martyr Georges.
L’image du saint martyr qui transperce le dragon dans les icônes, en particulier celles des saints Georges et Théodore, vient de la mythologie grecque.
La mythologie grecque racontait depuis l’Antiquité l’histoire d’un monstre marin qui sortait de la mer pour attaquer les gens.
Chaque année, le peuple lui offrait en sacrifice une jeune fille vierge. Quand il n’y eut plus de jeunes filles dans la ville, ce fut au tour de la princesse d’être sacrifiée. Alors arriva un héros nommé Persée, sur un cheval ailé, tenant à la main la tête de la sorcière Méduse, qui changeait en pierre quiconque la regardait. Il plaça son visage devant le terrible dragon, qui fut changé en pierre, et il sauva la ville.
Les légendes et la mythologie grecques avaient une grande influence sur le cœur du peuple, et les gens restèrent dans l’attente de ce héros dont parlait le récit. Au temps de la persécution païenne apparut le héros Georges, et les gens dirent : ce doit être lui, le héros dont parle le récit. Cette histoire fut donc transposée dans les icônes du saint et prit un sens chrétien symbolique.
En réalité, il n’y a là rien de mal, car saint Basile le Grand dit que nous devons accueillir les bonnes idées païennes et les baptiser par la pensée du Christ. Depuis lors, le saint est représenté ainsi. Le cheval symbolise la communauté des croyants, qui a aidé le saint à vaincre le paganisme, représenté par le dragon qui cherche à dévorer la jeune fille, symbole de l’Église. La queue du cheval est nouée, signe qu’il est prêt au combat. Le saint tue le dragon avec calme, comme s’il accomplissait une tâche facile, pour montrer que c’est la puissance de Dieu qui combat, et non lui. Quant à la mare d’eau noire, elle symbolise l’enfer, comme chacun le sait.
Dans certaines icônes, on voit derrière le saint, sur le cheval, un personnage portant un seau : c’est « le jeune échanson ». Cette tradition est connue à partir du XIIIᵉ siècle et remonte à l’époque où l’île de Crète était sous domination arabe. L’un de ses gouverneurs aimait boire du vin, qui lui était pourtant interdit ; il prit donc comme échanson, pour lui servir la coupe, un jeune chrétien que des pirates avaient enlevé dans l’île grecque de Mytilène (Lesbos).
La mère du garçon supplia saint Georges dans sa prière de lui rendre son fils. Le saint partit sur son cheval, saisit le garçon au moment où il servait à boire à l’émir, le plaça derrière lui sur son cheval et le ramena à sa mère.
C’est pourquoi le garçon est représenté derrière le saint, en habit arabe, tenant d’une main la cruche de vin et de l’autre la coupe. L’école alépine d’icônes, aux XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles (Nehmé, son fils Hananiya et son petit-fils Girgis le peintre), a peint de nombreuses icônes de saint Georges avec, derrière lui, le jeune échanson tenant à la main le sabre arabe recourbé avec lequel il tranche la tête du dragon. Le peuple a surnommé saint Georges « le patron des jeunes garçons ».
Père Gérard Abi Saab






