HomeVie des SaintsSaint Syméon d'Émèse, le fol en Christ, et son compagnon d'ascèse Jean

Saint Syméon d’Émèse, le fol en Christ, et son compagnon d’ascèse Jean

Saint Syméon d’Émèse, le fol en Christ, et son compagnon d’ascèse Jean

Saint Syméon d’Émèse (Homs), le fol en Christ, et son compagnon d’ascèse Jean (VIᵉ siècle)

Une vie étrange et rare, qui vaut la peine d’être lue.

Les saints Syméon et Jean étaient d’origine syrienne et vécurent au temps de l’empereur byzantin Justinien. Jean avait vingt-deux ans et venait de se marier ; Syméon, de deux ans son aîné, avait une vieille mère. Les deux hommes se lièrent d’amitié au cours d’un pèlerinage aux Lieux saints, et c’est là qu’ils poursuivirent le voyage de leur vie en se rendant au monastère de saint Gérasime, dont l’higoumène avait été averti de leur venue par un signe divin. Après qu’il les eut revêtus de l’habit monastique… craignant pour leur zèle divin, ils partirent vers la mer Morte et s’arrêtèrent dans un lieu désertique appelé Arnonas, où ils commencèrent leur combat ascétique.

… Les difficultés commencèrent avec les pensées tournées vers leurs familles. Alors qu’ils étaient envahis par l’ennui et sur le point d’abandonner le combat, leur père spirituel leur apparut en songe pour les encourager. Ils persévérèrent alors, chacun dans sa cellule, pendant trente ans. Au terme de ces années, Syméon parvint à l’impassibilité bienheureuse par la grâce de l’Esprit Saint. Il proposa alors à son compagnon d’aller dans le monde en se moquant de lui-même, pour aider les autres. Jean, après s’être assuré que la chose venait de Dieu, convint avec Syméon qu’ils se reverraient avant de partir vers leur Seigneur.
La vie de Syméon : Syméon embrassa la folie pour le Christ afin de cacher sa vertu : « Si quelqu’un parmi vous pense être un sage à la manière d’ici-bas, qu’il devienne fou pour devenir sage » (1 Corinthiens 3, 18).
Miracles qu’il accomplissait sous couvert de moquerie :
Il mit de la moutarde sur les yeux d’un paysan devenu aveugle après avoir volé la chèvre de son voisin, et le guérit. (Il enduisait aussi de moutarde la bouche de ceux qui se moquaient de lui.)
Il frappa de son fouet les colonnes d’une école, annonçant un tremblement de terre en 588 ; quand le séisme survint, aucune des colonnes qu’il avait frappées ne tomba.
Il dévoilait les crimes des uns et les vols des autres, si bien qu’il réussit à mettre fin à l’habitude du péché à Émèse.

Sa mort et son ami : Syméon ne parlait raisonnablement à personne, sauf au diacre Jean, dont il avait guéri le fils et qu’il avait sauvé d’une fausse accusation de meurtre. Un jour, sachant qu’il mourrait deux jours plus tard, le saint se glissa sous un tas de bois. Quand les gens remarquèrent son absence, ils pensèrent qu’il avait été victime d’un accident ; ils ne prirent pas la peine de laver son corps et allèrent l’enterrer, sans cierges ni chants, dans le cimetière des étrangers. Lorsqu’ils passèrent devant la maison d’un verrier juif que Syméon avait conduit au Christ, celui-ci entendit un chant comme on n’en peut entendre sur la terre, entonné par une grande foule. Regardant par la fenêtre, il vit deux hommes qui portaient le corps de l’homme de Dieu et s’écria : « Bienheureux es-tu, ô fou, car privé de la compagnie des chants humains, ce sont les puissances célestes qui chantent pour toi ! » Puis il descendit et l’ensevelit de ses propres mains… Quand le diacre apprit la mort du saint, il alla au tombeau et l’ouvrit : il le trouva vide. Il en conclut que le Seigneur avait glorifié son serviteur et l’avait transporté dans la gloire avec son corps, avant la résurrection. Les habitants d’Émèse comprirent alors qu’un nouvel apôtre avait vécu parmi eux, œuvrant en secret à leur salut.

La rencontre des deux amis : deux jours avant sa mort, Syméon raconta l’histoire de sa vie au diacre Jean. Et, selon la promesse faite à son compagnon Jean, Syméon le vit en vision, portant sur la tête une couronne où était écrit : « Couronne de la patience au désert ». Jean lui répondit que lui, Syméon, porterait la couronne de toutes les âmes qu’il avait sauvées par ses plaisanteries.

(Au centre de l’icône, saint Parthénios, entouré de saint Syméon et de son ami saint Jean.)

Père Boutros El Zein

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