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Saint Syméon le Stylite

Saint Syméon le Stylite

Saint Syméon naquit vers 386 dans le village de Sis, près de Nicopolis (région d’Adana, en Turquie). Dès sa tendre enfance, il gardait les troupeaux. Un jour de neige où le troupeau était resté à la bergerie, Syméon alla à l’église avec ses parents et entendit le prêtre lire les Béatitudes : « Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage… Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés… Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés… Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde… Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu… Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu. »

Attiré par ces paroles, il rejoignit un groupe d’ascètes près de Sis. Deux ans plus tard, il passa à une vie plus parfaite dans la région du grand monastère de Teleda, puis se retira au monastère de Burj as-Sab’, qui comptait quatre-vingts moines. Saint Syméon y passa dix ans dans la prière et l’ascèse ; il ne mangeait qu’une fois par semaine.

En 412, Syméon se retira dans le village de Tel Nishé, mot syriaque qui signifie « la colline des femmes », devenu ensuite en grec Télanissos (l’actuel village de Deir Semaan), situé sur le versant sud-ouest de la montagne où il passa ensuite le reste de sa vie. Il vécut trois ans dans ce village comme moine, puis s’enferma dans une cellule et y passa le carême sans rien manger ni boire, bien que du pain et de l’eau fussent près de lui.
Saint Syméon quitta ensuite Télanissos et monta au sommet de la montagne voisine, où il s’établit dans un petit enclos circulaire. Il s’attacha avec une chaîne longue de vingt coudées pour limiter ses mouvements et entraver son corps. Puis il fit couper la chaîne et se contenta de la vigilance de sa conscience comme lien spirituel pour son corps. L’endroit où la chaîne avait été fixée à sa jambe laissa des plaies où se cachaient des puces, et il supportait leurs piqûres avec courage pour la gloire de Dieu.
Sa renommée se répandit parmi les gens, qui accouraient de toutes parts et de toutes nationalités : Perses, Arméniens, Arabes, et, de l’extrême Occident, d’Espagne, de Bretagne et de Gaule… Il y avait des malades en quête de guérison, des femmes stériles qui demandaient à Dieu des enfants, et bien d’autres.

Pour échapper à l’affluence des visiteurs, notre saint monta sur une colonne haute de deux coudées ; la colonne fut peu à peu surélevée jusqu’à atteindre quarante coudées. Saint Syméon passa quelque trente-sept ans sur ses colonnes.
Saint Syméon était un orateur : il prêchait deux fois par jour, réglait les différends et guidait les païens. Il fut un modèle et un pionnier de la vie ascétique. Des délégations de moines et de grands personnages de l’Église et de l’État venaient le voir. Après une réunion religieuse à Antioche, le moine Daniel vint aussi le visiter avec un groupe de Pères archimandrites, et la renommée du Stylite se répandit encore davantage.
Parmi les miracles de Syméon le Stylite, on compte la guérison d’un prince paralysé ; il exauça aussi la prière d’une mère arabe (ismaélite), stérile, qui devint mère. On l’appela « l’homme divin ». Il avait une endurance extraordinaire :

dans sa prière, il faisait des prosternations (on en compta plus de 1 244), s’inclinant jusqu’à ce que son front touche ses pieds, car son estomac recevait rarement de la nourriture ; et il restait debout toute la nuit, du coucher au lever du soleil.
Saint Syméon mourut en 459, et son corps fut déposé au pied de la colonne dans un cercueil de plomb.
Le patriarche d’Antioche, Martyrios, vint pour transférer son corps, mais se heurta à l’opposition des moines du lieu et des habitants de la région.
Il revint alors avec six cents soldats, sur l’ordre du général Ardabur, et ils emportèrent le cercueil à Antioche. Le corps y resta un mois, puis fut transféré dans l’église de Constantin le Grand, et enfin les reliques de saint Syméon furent transportées d’Antioche à Constantinople, dans un sanctuaire qui lui était consacré. Quant à la colonne sur laquelle notre saint avait vécu (au mont Syméon), elle devint un lieu de pèlerinage.

L’Église célèbre sa fête le 26 août de chaque année ;

et le 6 juin, selon le rite copte orthodoxe.

Que sa bénédiction soit avec nous.

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