Restons-nous fidèles à celui qui est opprimé ?
Au moment de la crucifixion, tous les disciples ont fui sauf un, Jean, qui se tenait au pied de la croix avec la Mère de Dieu.
Tous les autres ont abandonné le Christ, sauf un petit groupe de femmes qui se tenaient à peu de distance de la croix. Et quand Jésus est mort, elles sont venues oindre son corps, que Joseph d’Arimathie avait demandé à Pilate sans craindre d’être reconnu comme son disciple.
Car dans la vie comme dans la mort, ce sont l’amour et la fidélité qui l’emportent et qui consolent ceux qui les vivent.
Les femmes myrophores, Joseph d’Arimathie et Nicodème sont des personnes à peine mentionnées dans l’Évangile. Mais au moment où le Christ semblait vaincu, où la mort, le rejet, l’humiliation et la haine semblaient avoir triomphé, ils ont fait preuve de fidélité et de courage : la fidélité du cœur, et le courage qui ne naît que de l’amour.
Posons-nous la question :
comment nous comportons-nous envers quelqu’un qui a été rejeté, moqué, exclu par sa communauté, condamné par des gens qui comptent pour nous, et avec qui nous avons des intérêts et des avantages ?
Restons-nous fidèles à celui qui est opprimé ?
Avons-nous le courage de dire : « Il était et restera notre ami, que tu l’acceptes ou que tu le rejettes » ?
Il n’y a pas de plus grande fidélité que celle qui se manifeste dans la défaite.
Pensons-y, car nous sommes tous vaincus d’une certaine manière. Mais nous luttons, avec le peu ou le beaucoup de force que nous avons, pour être ce que nous devons être, alors que nous sommes vaincus à chaque instant : rester fidèles et loyaux, et prouver que notre amour n’est pas conditionné par l’espoir d’un profit, d’un intérêt ou de la faveur des puissants qui nous entourent, mais qu’il est un don du cœur, gratuit et immense. C’est cela qui accomplit notre résurrection et la victoire du Christ en nous. Amen.
Père Boutros El Zein



