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Le rite de l’arrivée au port

Le rite de l’arrivée au port est célébré, dans le rite maronite, le soir du dimanche des Rameaux, c’est-à-dire après les six semaines du grand Carême. Il exprime l’arrivée de l’Époux, le Seigneur Jésus, qui vient prendre avec lui les fidèles qui se sont enrichis de bonnes œuvres pendant le jeûne de quarante jours et qui sont prêts pour la Semaine sainte, afin de passer avec lui par la croix et la mort (le devoir du jeûne se poursuivant jusqu’au Samedi de la Lumière), pour parvenir ensuite à la gloire de la Résurrection.

Autrefois, on célébrait ce rite au troisième nocturne de l’office de minuit de la nuit du dimanche au lundi ; aujourd’hui, on le célèbre avant l’office du soir, à l’extérieur de l’église.

Voici comment se déroule ce rite : le diacre chante une litanie, à laquelle le peuple répond : « De la lumière du Royaume, remplis notre cœur, Seigneur. » Le célébrant frappe trois fois à la porte, puis il entre dans l’église avec le peuple.
Arrivé à l’autel, il ôte la parure violette et met la couleur pourpre, rouge sombre, symbole du sang et du caractère royal de la Passion du Christ. On retire les tentures blanches de l’autel et l’on met les noires ; on voile la croix de noir et l’on baisse les lumières : tout cela pour annoncer le début de la Semaine sainte. Ce rite est suivi de l’office du soir et de la procession de la Croix.

Ensuite commence réellement la Semaine sainte : l’« Alléluia » est remplacé par le Kyrie eleison et par les chants « Hem wa hem », « Teshbouhto l’Moryo » (Louez le Seigneur) et « Moran etrahame ‘layn » (Seigneur, aie pitié de nous). Le prêtre ne salue pas le peuple par « La paix soit avec vous tous » ou « La paix à l’Église et à ses enfants » ; le diacre ne dit pas « Bénis, maître » lors des prières et des lectures ; le célébrant ne bénit pas le lecteur après l’introduction des épîtres ; les introductions de l’Évangile ne sont pas dites de façon solennelle (au lieu de l’Alléluia on dit « Hem wa hem », et au lieu de « Faites silence, vous qui écoutez… » on dit « Aie pitié de nous, Seigneur ») ; et la lecture de l’Évangile ne se termine pas par « En vérité, et la paix à vous tous », mais le célébrant bénit le peuple d’un signe de croix avec l’Évangile. De même, on retire l’eau bénite du bénitier au fond de l’église ; et autrefois, on avait l’habitude de voiler de noir les statues et les images des saints pendant cette semaine.

Ce rite évoque les vierges sages (c’est pourquoi les fidèles y portent des cierges allumés) : les enfants de l’Église, à l’exemple des vierges sages, ont amassé pendant le jeûne l’huile des bonnes œuvres ; et quand vint minuit et que l’Époux arriva, elles entrèrent avec lui dans la joie. Mais la joie de l’Église n’est complète qu’en vivant la Passion de la croix, qui est les vraies noces et qui conduit à la gloire de la Résurrection.

Préparé par Rita, de l’équipe Sawt el Rab

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