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Vie de saint Jean XXIII, pape

Vie de saint Jean XXIII, pape

(1881-1963)

Angelo Giuseppe Roncalli naquit le 25 novembre 1881 à Sotto il Monte, près de Bergame, dans une famille de simples paysans. Il fut ordonné prêtre en 1904. En 1925, le pape Pie XI le nomma et le consacra évêque, et l’envoya comme visiteur apostolique en Bulgarie. En 1934, l’archevêque Roncalli devint délégué apostolique en Turquie et en Grèce. En 1944, Pie XII l’envoya à Paris comme nonce apostolique. Il y rencontra le général de Gaulle, alors chef du gouvernement, et prononça devant lui, au nom du corps diplomatique, un discours qui fut remarqué dans tous les pays. Il y travaillait, comme il le disait, en silence et dans le calme, pas à pas. Il resta huit ans en France, qu’il visita presque entièrement ; il y apaisait les conflits et faisait naître la confiance dans les cœurs. On retient de lui cette parole : « Je remercie Dieu de n’avoir pas compliqué les choses, mais d’avoir démêlé les choses compliquées. » Lors d’une visite à Amiens, il rencontra un groupe de paysans qui l’entourèrent, et il leur dit : « Vous êtes des enfants des champs, et moi aussi je suis un enfant des champs : mes parents sont paysans comme vous. » Sa simplicité attira l’attention lorsqu’il représenta le Saint-Siège à l’UNESCO comme premier observateur permanent, et il y fit des observations précieuses. En janvier 1953, il fut créé cardinal et reçut la barrette cardinalice des mains du président Auriol, selon un privilège et une ancienne tradition de la France. Le président lui dit : « La France vous est reconnaissante et regrette votre départ. » Le cardinal répondit humblement : « Je souhaite que l’on dise de moi : il fut un prêtre fidèle à son sacerdoce, pacifique, et, en toute occasion, un ami sincère de la France. » Avec le cardinalat, il reçut le titre de patriarche de Venise.

Il quitta alors Paris pour Rome, puis se retira quelque temps à l’abbaye de Praglia, avant de faire son entrée solennelle dans son diocèse, où tous l’accueillirent avec enthousiasme. Il gouvernait son diocèse avec la vigilance d’un pasteur attentif au moindre détail ; il apportait des jouets aux enfants malades et leur rendait visite ; il connaissait tous les prêtres de son diocèse et les aimait un par un. Bien qu’il fût devenu, ou presque, un Vénitien, il n’oubliait ni son village natal ni sa famille. Il pleura trois de ses sœurs et son frère Giovanni ; lui-même se voyait vieillir et pensait mourir à Venise. Il célébra ses cinquante ans de sacerdoce dans son village en 1954. Il voyageait beaucoup ; le pape lui demanda de consacrer la basilique Saint-Pie-X à Lourdes, et il ne cacha pas sa joie, d’autant plus que c’était l’année du centenaire des apparitions de la Vierge à Bernadette. Personne ne se doutait que ce cardinal au doux sourire et au cœur bon serait bientôt à la tête de l’Église.

La santé du pape Pie XII déclina beaucoup, et il s’en alla vers les demeures célestes en 1958.

Le cardinal Roncalli passa quelques jours de repos dans son village, chez les siens, se souvenant de son enfance et bénissant le mariage d’un de ses neveux, avant de rentrer à Venise. Peu après son retour, il partit avec son secrétaire, Mgr Loris Capovilla, pour participer au conclave. Pendant le conclave, il n’avait avec lui qu’une petite valise, qui était tout ce qu’il possédait.

Pendant le conclave, avant que les cardinaux ne l’élisent, il dit : « Quand nous foulons l’orgueil aux pieds et mettons l’amour dans nos cœurs, nous pouvons accepter ce que Dieu nous demande et garder la paix dans nos cœurs. » À la fin du scrutin, presque toutes les voix s’étaient portées sur lui. Il dit alors : « Je m’appellerai Jean, et je me place sous la protection de Jean-Baptiste et de Jean l’Évangéliste. » Il se souvint aussi que son père s’appelait Jean. Devenu pape, il resta l’homme ordinaire, humble et simple qu’il avait toujours été.

Le soir de son couronnement, le 4 novembre 1958, il confia à son secrétaire ce qu’il avait dans le cœur : « Je pense à mon village de Sotto il Monte, à mon père et à ma mère. » Lors de son couronnement, il ouvrit son discours par une parole de la Bible, celle que Joseph avait dite à ses frères venus le trouver quand il était devenu ministre de Pharaon : « Je suis Joseph, votre frère. » Il exerçait sa charge d’évêque de Rome : il visitait les malades dans les hôpitaux et leur parlait avec son doux sourire ; il parcourait les paroisses de campagne, parlait avec les gens et s’informait de leur situation. Il visitait les détenus dans les prisons de Rome, les consolait par ses belles paroles et les encourageait à reprendre une vie sans tache.

Pendant sa dernière maladie, sa nièce, sœur Anna, religieuse missionnaire en Afrique, vint le voir. Il lui dit : « Comme c’est gentil à toi de venir me voir. Je remercie tes supérieures et je vous bénis toutes… Que les missions sont belles ! »

Il souhaitait que l’Église accomplisse sa mission essentielle, être mère et éducatrice ; c’est pourquoi il publia son encyclique Mater et Magistra (« Mère et éducatrice »), que le monde entier accueillit avec le plus grand respect. Il y exposait les traits de l’Église dans toutes ses dimensions et ses engagements, ainsi que l’engagement de chaque personne envers sa conscience.

Son plus grand désir était l’unité de l’Église, qu’il répétait souvent, jusque dans sa dernière encyclique, Pacem in terris (« La paix sur la terre »), qui eut un très grand retentissement. Cette encyclique lui valut un beau surnom, « le pape de la paix », qui s’ajouta à ceux de « pape de l’unité » et « pape du Concile ». Il avait en effet annoncé le Concile le 25 janvier 1959, et il dit aux chrétiens séparés de Rome : venez, rencontrons-nous, le chemin est ouvert…

Il reçut avec amour toutes les délégations des Églises séparées venues de tous les coins du monde : anglicans, orthodoxes, protestants, tous.

Il ouvrit lui-même le Concile le 11 octobre 1962 et suivit la première session depuis sa chambre, à la télévision, n’intervenant que lorsque c’était nécessaire. En tout cela, il suppliait Dieu l’Esprit Saint d’éclairer tous les participants et d’ouvrir leurs cœurs à l’unité, et demandait ensuite l’intercession de la Vierge sainte et de saint Joseph.

Il reçut le prix international Balzan pour la paix, d’un montant d’un million de francs suisses, qu’il consacra entièrement à une fondation en faveur des victimes des révolutions et des guerres. Ensuite,
il fut atteint d’un cancer de l’appareil digestif, qu’il supporta avec patience et joie. Il disait pendant sa maladie : « Ce lit est un autel, et l’autel demande une victime : me voici. » Il répétait sans cesse : « Que la volonté de Dieu soit faite. » Il dit à son médecin, le docteur Gasbarrini : « Docteur, ne vous inquiétez pas trop de ma maladie, mes valises sont prêtes, et je suis prêt à partir dès que le train arrivera. »

Il recevait ses visiteurs avec joie, et le sourire ne quittait pas son visage. Après avoir appris à tous à vivre dans l’amour, il leur apprit à mourir dans la joie, le calme et la paix avec le Seigneur. Quand il entra dans l’agonie, il dit à sa sœur Assunta : « Je vivrai encore cette nuit. » Et en effet, il passa cette nuit-là. Dans la nuit du 30 mai, il demanda qu’on lui donne les derniers sacrements. Le cardinal Cicognani lui donna la communion en disant ce verset du psaume de David : « Quelle joie quand on m’a dit : Allons à la maison du Seigneur ! » Après avoir communié, il fit sa profession de foi avec calme et gravité, puis reçut l’onction des malades. Il mourut le 3 juin 1963.

À sa mort, toutes les radios du monde l’annoncèrent avec des paroles de regret et de respect. On le déposa dans la chambre qui avait été témoin de ses souffrances ; son corps resta tel quel, et celui qui le regardait le croyait endormi. Sur sa poitrine se trouvait une simple croix qu’il avait achetée le jour de son ordination épiscopale ; il avait écrit dans son testament qu’il voulait qu’on la pose sur sa poitrine à sa mort. Il a été canonisé par le pape François le 27 avril 2014.

Préparé par Rita, de l’équipe de Sawt el Rab

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