HomeArticles - FrTu me livres par un baiser ?

Tu me livres par un baiser ?

Tu me livres par un baiser… ?!

Qu’elle est cruelle, la trahison de l’être aimé ! Que les blessures infligées par ceux qu’on aime sont profondes ! Et quoi de plus douloureux pour l’âme que l’abandon et la trahison des amis ? « On lui demandera : “Que sont ces blessures à tes mains ?” Il répondra : “Ce sont celles que j’ai reçues dans la maison de mes amis” » (Zacharie 13, 6).

As-tu déjà connu un ami en qui tu avais plus confiance qu’en un frère, plus proche de toi que toi-même, et qui ensuite t’a trompé et trahi ? « Ce n’est pas un ennemi qui m’insulte, je le supporterais ; ce n’est pas un adversaire qui s’élève contre moi, je me cacherais de lui. Mais c’est toi, un homme de mon rang, mon compagnon et mon ami » (Psaume 55, 13-14).

Cette trahison, cette perfidie, fut la plus grande douleur du Seigneur de la part de ceux qu’il aimait, sans parler du poids des péchés du monde entier qui ont défiguré la beauté de son visage et ruiné la splendeur et la majesté de sa beauté : « Il n’avait ni aspect ni prestance pour attirer nos regards, ni apparence pour nous plaire » (Isaïe 53, 2).

Dans cette trahison triste et douloureuse du Seigneur, on n’a utilisé ni couteau, ni lance, ni épée : on a pillé les réserves de l’amour, on a volé ce qu’il y a de plus cher et de plus précieux dans les trésors de l’amour, le baiser, pour tromper le Seigneur. Et dans l’excès de son orgueil, il ne comprenait pas que le Seigneur découvrirait vite que ce baiser était volé aux trésors de son amour saint. C’est pourquoi Jésus lui dit : « Judas, c’est par un baiser que tu livres le Fils de l’homme ? » (Luc 22, 48)

Tu voles les baisers de l’amour saint, tu les recouvres du baiser mensonger d’Absalom, et tu viens me trahir avec eux ?! Si seulement tu ne m’avais pas embrassé ! Si seulement tu étais venu en dévoilant ta trahison, au lieu de cette étreinte perfide ! Si seulement tu m’avais transpercé comme ceux qui m’ont transpercé, au lieu d’utiliser le baiser, ce remède qui soigne les blessés, ceux qui souffrent, les affligés et les cœurs brisés ! « Ils regarderont vers moi, celui qu’ils ont transpercé ; ils feront une lamentation sur lui, comme on se lamente sur un fils unique ; ils pleureront sur lui amèrement, comme on pleure sur un premier-né » (Zacharie 12, 10).

Ah, Seigneur, ce que je te fais moi-même ! J’utilise ton manteau, je me cache derrière ton vêtement, je m’abrite derrière tes paroles pour voler ta gloire ; j’utilise les faux baisers de l’amour, comme Absalom, pour me faire une gloire et un honneur loin de toi, même si le prix en est la mort de mon père David !?
J’utilise les mêmes instruments de trahison que Judas a utilisés contre toi ; je maudis et je jure, comme mon père Pierre, que je ne t’ai jamais connu et que je n’ai jamais été avec toi, quand le monde me menace et veut me ravir ma gloire, mon honneur et ma réputation. Alors je te trahis et je te vends, non pour trente pièces d’argent, mais gratuitement, pour rien !?

Mon Seigneur, ôte la honte de ma trahison envers toi pour toute ma vie ; arrache de mon visage les masques d’Absalom et de Judas ; et regarde-moi chaque fois que je veux te trahir, car les regards de ton amour suffisent à dissiper ma peur, à dévoiler ma trahison, à me convaincre de péché, à me convertir et à m’élever au-dessus de moi-même. « Le Seigneur se retourna et posa son regard sur Pierre. Alors Pierre se souvint de la parole que le Seigneur lui avait dite : “Avant que le coq chante aujourd’hui, tu m’auras renié trois fois.” Il sortit et pleura amèrement » (Luc 22, 61-62).

Père Éphrem Michel

RELATED ARTICLES

Most Popular