« C’est quoi, cette histoire de mode ? »
Il y a quelques années, surtout à l’adolescence, les mères faisaient toujours attention à la tenue et à la façon de s’habiller. Souvent l’avertissement venait directement du père aux enfants, ou d’un clin d’œil de sa part à la mère qui, si elle avait laissé passer la chose, s’empressait de rappeler à ses filles, avant que leur père ne les voie, qu’il fallait rester pudiques. Toute une génération a grandi avec l’idée que les vêtements servent à couvrir le corps avec ordre et beauté, à donner une première impression de la personnalité, et non à exhiber ses charmes.
À l’époque, nous ne comprenions pas pourquoi nos parents attachaient tant d’importance à l’habillement, ni pourquoi chaque occasion et chaque lieu demandaient la couleur, le genre et la forme de vêtement qui conviennent. Aujourd’hui, nous le comprenons bien.
Aujourd’hui, nous savons.
Nous n’avons jamais vu autant d’impudeur dans l’habillement qu’aujourd’hui, chez les artistes comme chez tout le monde. Étrange, ce que nous voyons ; étrange, ce relâchement moral au nom de la liberté, de la modernité, de la civilisation et du progrès. Ce que nous voyons ressemble plus à un déclin qu’à un progrès, et, pardon de le dire, c’est ce qu’il y a de plus éloigné de la civilisation. La pudeur a toujours été l’une des plus belles marques de la civilisation.
Les vêtements ont été faits pour couvrir le corps et ses charmes, non pour les exhiber de façon provocante au point que le corps perde son caractère sacré et que la personne perde le respect d’elle-même et celui des autres.
Au nom de la modernité, des jeunes filles ont mis (ou plutôt enlevé) des vêtements qui découvrent la poitrine, le dos, le ventre… tout cela avec la bénédiction et l’accord des parents, ou du moins leur résignation devant ce que la nouvelle génération appelle « la mode ».
Des jeunes filles, des employées, des présentatrices, des mariées, des artistes et même certaines mères portent des tenues inconvenantes partout : au travail, à la maison, dans la rue, à l’église, en soirée ; des tenues provocantes qui découvrent plus qu’elles ne couvrent. Dans quel but ? La réponse est toujours la même : « C’est la mode », « On ne trouve plus que ce genre de vêtements », et « Qu’est-ce que ça peut faire, pourquoi ce serait moi le problème ? »
Quant aux vêtements des garçons, inutile d’en parler : les sous-vêtements doivent se voir avant les vêtements eux-mêmes. Et les jeunes se défendent en disant : « Si ces sous-vêtements n’étaient pas faits pour être vus, les fabricants ne les auraient pas décorés de couleurs, d’images et d’inscriptions. »
Mes amis, jeunes d’aujourd’hui, ce n’est pas la mode qui dicte les vêtements de notre époque, mais le relâchement moral et la perte des valeurs ; c’est une conception faussée de la sexualité. Les sous-entendus sexuels sont aujourd’hui dans chaque film, chaque magazine, chaque chanson. Ils sont dans la façon de s’habiller, de parler, de vivre les relations. Mais si les gens connaissaient la vérité de la sexualité, sa beauté et sa sainteté, ils retireraient tout ce qui y fait allusion de chaque magazine, film et chanson, et bien sûr des vitrines des magasins.
Chers jeunes d’aujourd’hui, c’est par vous que commence le changement. Donnez à la sexualité sa vraie valeur : elle est sacrée, Dieu l’a créée pour que nous la vivions pleinement dans son cadre juste, et elle nous donne alors toute la joie. Ne laissez pas la mode vous dominer : soyez vous-mêmes les créateurs de la mode qui vous convient.
Samar El Hajj Bou Zardan



