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L’Église n’autorise pas les relations sexuelles avant le mariage. Pourquoi est-elle si sévère ?

L’Église n’autorise pas les relations sexuelles avant le mariage. Pourquoi est-elle si sévère ?

Devant le grand nombre de mariages qui échouent, ne serait-il pas plus sage d’« essayer » pour s’assurer que la relation fonctionne, plutôt que de se précipiter et d’échouer ?
La relation sexuelle humaine, voulue par Dieu, est un don précieux dont la valeur dépasse le plaisir ou le simple mécanisme de la procréation. Elle exprime l’amour que nous portons à l’autre à travers l’union des deux corps, qui correspond à l’amour de Dieu dans son union intime avec l’homme. Elle ne peut donc s’accomplir pleinement que sous son aile, dans le sacrement du mariage.

Nous vivons à une époque où la sexualité est décrite et mise sous les projecteurs jusque parmi les écoliers, au point de prendre une tournure de consommation sur le marché et dans les médias. Pourtant, la relation sexuelle dépasse le statut d’un moyen technique pour assouvir des désirs et consommer des plaisirs entre deux personnes consentantes. Le corps humain a une signification propre qui incarne la relation intime avec Dieu. On peut même dire qu’il a été créé en vue de l’Incarnation du Verbe, comme lieu de l’union des natures humaine et divine. Saint Paul a mis en garde les Corinthiens contre l’échec en disant : « Ne savez-vous pas que votre corps est un sanctuaire de l’Esprit Saint, qui est en vous et que vous avez reçu de Dieu ? Vous ne vous appartenez plus à vous-mêmes, car vous avez été achetés à grand prix. Glorifiez donc Dieu dans votre corps. » (1 Corinthiens 6, 19-20)

Au-delà du corps seul, l’union des corps des époux porte une signification très grande pour la relation de l’homme avec Dieu : l’homme et la femme doivent devenir une seule chair. Dans l’Ancien Testament, cette union apparaît comme une image de l’amour entre Dieu et son peuple ; dans le Nouveau Testament, elle incarne l’union du Christ et de son Église.
L’union des corps est une expression sublime de l’amour, car à travers elle la relation des époux s’identifie à l’amour divin dans les sacrements, pour incarner réellement cet amour. C’est pourquoi, pour les baptisés, la relation sexuelle ne prend son sens que dans le cadre du sacrement du mariage. Cet appel à l’union en une seule chair libère l’homme de son incapacité à se donner, en purifiant sa relation avec l’autre de la domination héritée du péché originel. L’amour que porte l’homme peut ainsi renaître de l’amour de Dieu et s’identifier à lui, par le Christ, dans le sacrement du mariage. Bien sûr, il n’est pas nécessaire d’être marié pour commencer à aimer vraiment l’autre ; mais cet amour partagé ne s’accomplit que par la reconnaissance de Dieu et la consécration à lui. Voilà le sens du sacrement du mariage, qui donne à la relation corporelle sa vraie signification.

Le sens de cette relation est inscrit dans l’homme depuis toujours et n’est pas lié à une époque précise. L’Église, qui veut élever ses enfants vers le Père, ne condamne pas les personnes : elle transmet ce qu’elle a reçu de la Révélation afin que les fiancés, puis les époux, puissent à la lumière de son enseignement vivre un amour vrai, réellement centré sur Dieu.
Certains disent que l’Église, et le clergé en particulier, ignorent tout de la vie sexuelle ; d’autres disent que l’Église n’a pas à se mêler de ce qui se passe dans le lit conjugal. Mais l’Église agit sous l’inspiration de l’Esprit Saint et elle est « experte en humanité ». Elle accompagne les couples avant et après le mariage, et comme elle compte dans ses rangs des personnes mariées, elle est sans aucun doute experte en ce domaine. Elle met son expérience et son inspiration à la disposition de tous, non pour imposer sa domination ni pour contrôler les plaisirs ou la descendance des fidèles, ni pour condamner, mais pour éclairer. Reprenons les paroles de Jean-Paul II : l’Église n’impose à l’amour aucune autre norme que celles de l’amour vrai. En matière de sexualité, l’Église ne se contente pas de fixer ce qui est permis et défendu : elle guide les personnes, selon la mission qui lui a été confiée, pour qu’elles vivent en vérité la relation d’amour dans laquelle elles s’engagent.

L’Église continue d’affirmer que les relations sexuelles qui ne sont pas ordonnées selon ce que Dieu demande à travers le sacrement du mariage sont des relations désordonnées, non par une prudence inutile, mais par souci de transmettre la vérité. L’Église ne condamne jamais ; elle enseigne à celui qui veut aimer et glorifier Dieu à ne pas renoncer au but le plus élevé de la relation sexuelle. Comment l’Église pourrait-elle renoncer à enseigner ce qui est beau et vrai, simplement parce que notre époque le condamne ? L’homme n’est pas appelé à faire de cette vocation un produit culturel, mais un accomplissement surnaturel. Comment l’Église pourrait-elle renoncer à son devoir pastoral de nous élever vers Dieu sans nous transmettre cet appel que le Seigneur a donné dans l’Écriture ? L’Église n’oblige personne à l’écouter, mais, à l’image du Christ, elle enseigne avec patience et intercède pour que nous accédions à la miséricorde du Seigneur. Elle propose, et l’homme décide en toute liberté, tant qu’il est en mesure d’exercer sa liberté.

Le risque d’échec du mariage existe toujours, mais l’engagement total ne gagne rien à une période d’essai, car le don de soi qui incarne l’amour véritable est inconditionnel. Mettre l’autre à l’essai mine la confiance sur laquelle se construit la relation : tester l’autre sans engagement est tout le contraire de l’amour, tout comme l’union sans engagement comporte une série de risques graves, dont le plus important est la naissance d’un enfant non désiré.

Père Gérard Abi Saab

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