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Sainte Barbe, grande martyre

Sainte Barbe, grande martyre

(Fête le 4 décembre)

Sainte Barbe est devenue extrêmement célèbre en Orient comme en Occident. Elle a beaucoup souffert pour sa foi, et c’est à cause de sa constance que sainte Julienne crut au Christ et alla, elle aussi, au martyre. Barbe naquit dans un village dépendant de la ville d’Héliopolis, identifiée aujourd’hui à Baalbek, au début du IIIᵉ siècle, sous l’empereur Maximin, qui régna à partir de 235. Son père, Dioscore, était très attaché au paganisme et haïssait les chrétiens. Quand Barbe grandit, son père, craignant pour elle la corruption de l’époque à cause de sa grande beauté, l’enferma dans un palais gardé par des soldats, qu’il remplit d’idoles et de toutes sortes de divertissements.

Barbe recevait l’enseignement le plus élevé et aimait la contemplation : elle avait l’habitude de lever les yeux vers le ciel pour contempler le soleil, la lune et les étoiles, et s’entretenait avec le Créateur qui a fait la terre et tout ce qu’elle contient pour l’homme. Quelques-uns de ses serviteurs chrétiens lui parlèrent du savant Origène, et elle désira le rencontrer. Lorsqu’il vint dans la région, elle le rencontra effectivement ; il lui parla de l’Évangile, son cœur s’attacha au Christ, et elle reçut le baptême sans en parler à son père. Son cœur brûlait d’amour pour Dieu : elle lui consacra sa vie et désira vivre vierge, toute donnée à la prière. Beaucoup la demandèrent en mariage, parmi lesquels un jeune homme riche, fils d’un prince de la région. Son père lui en parla, pensant réjouir son cœur par cette heureuse nouvelle, mais elle refusa sagement le mariage.

Comme son père devait partir en voyage pour ses affaires, il remit la question à son retour, espérant qu’elle aurait alors changé d’avis. Elle lui demanda de lui construire un bain avant son départ ; il accepta et y fit percer deux fenêtres pour donner plus de lumière. Mais elle transforma le bain en maison de prière, adorant Dieu par des prières, des veilles et des jeûnes incessants. Elle brisa toutes les idoles, dressa une croix sur le bain et au sommet du palais, et fit ouvrir une troisième fenêtre. Comme le dit la doxologie en son honneur : « La lumière de la Sainte Trinité a brillé sur cette sainte vierge Barbe, épouse du Christ. »

À son retour, son père remarqua ce changement évident et lui en demanda la raison. Elle se mit à lui annoncer la foi en la Trinité : comment il faut croire en un seul Dieu en trois Personnes. Furieux, il la réprimanda durement ; mais elle, sans s’en soucier, lui parlait franchement et clairement de sa foi et de sa virginité. Le père, hors de lui, se jeta sur elle, la saisit par les cheveux et s’apprêta à la frapper de son épée. Elle s’enfuit devant lui et sortit par la porte du palais, son père courant derrière elle. On dit qu’un rocher lui barra le chemin, mais il se fendit aussitôt pour la laisser passer, puis se referma. Son père, voyant cela, ne se laissa pas attendrir ; son cœur de pierre le poussa à tourner autour du rocher jusqu’à ce qu’il la trouve cachée dans une grotte. Il se jeta sur elle comme un loup sur un agneau, la battit violemment et la ramena chez lui. Là, il l’enferma dans une cave obscure comme dans une prison.

Dioscore raconta au gouverneur ce qui s’était passé et lui demanda de la torturer. Mais le gouverneur Marcien, en la voyant, fut très touché ; il reprocha à son père sa cruauté, lui parla avec douceur et lui promit de nombreux honneurs si elle obéissait à l’ordre de l’empereur et adorait les idoles. Elle, avec courage, lui parla de sa foi au Christ. Sainte Barbe fut flagellée jusqu’au sang ; on lui déchirait le corps avec des alênes pointues, tandis qu’elle priait en silence. On la revêtit d’un sac rugueux sur son corps couvert de plaies et on la jeta dans une prison obscure. Alors qu’elle sentait le poids de la souffrance, le Christ lui-même lui apparut, la consola et guérit ses plaies ; son âme fut remplie de joie et d’allégresse.

Le lendemain, le gouverneur la fit comparaître et fut surpris de la voir joyeuse et rayonnante, sans aucune trace de blessure sur son corps. Sa violence redoubla, et il ordonna aux bourreaux de la torturer : on lui peigna le corps avec des peignes de fer, on plaça des torches enflammées contre ses flancs et on lui coupa les seins ; puis le gouverneur ordonna bassement de la conduire nue dans les rues. Elle cria vers le Seigneur pour qu’il couvre son corps et préserve sa pudeur ; le Seigneur l’exauça et la revêtit d’un vêtement de lumière.

Julienne, la voyant supporter les souffrances au milieu des tourments, se mit à pleurer amèrement. Le gouverneur, s’en apercevant, la fit torturer avec sainte Barbe et jeter en prison ; toutes deux passèrent la nuit à louer Dieu. Le gouverneur Marcien ordonna qu’on leur tranche la tête. On les conduisit sur la montagne, hors de la ville, et elles priaient en chemin. Arrivé au lieu de leur martyre, Dioscore demanda à trancher lui-même de son épée la tête de sa fille, et on le lui permit. Elle reçut, avec sainte Julienne, la couronne du martyre. Le corps de sainte Barbe se trouve aujourd’hui dans une église qui porte son nom, au Vieux-Caire.

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