Que Dieu soit avec vous.
C’est étrange comme Jésus change les situations et l’histoire, et transforme le mal absolu en bien éternel. Je ne peux m’empêcher de penser à l’Évangile de la femme adultère et d’imaginer comment Jésus savait ce qui allait se passer ce jour-là, tandis qu’il marchait en attendant le moment de sa rencontre avec la femme adultère (Jean 8). Elle avait passé toute sa vie d’homme en homme, essayant de combler le vide en elle et attendant quelqu’un qui l’aime sans arrière-pensée. Elle ne savait pas que l’Amour suprême l’attendait pour lui offrir tout l’amour, jusqu’à mourir pour elle.
C’est étrange : l’homme, depuis l’instant où Dieu lui insuffle la vie jusqu’à l’instant de sa mort, ne cesse d’attendre quelqu’un qui l’aime. Est-ce parce que l’homme est créé par la surabondance de l’amour de Dieu ? À vous de répondre…
Revenons à la femme adultère. Cette pauvre femme, depuis le début de sa vie de péché, cherchait l’amour chez chaque homme qu’elle fréquentait, mais en vain. Pire encore : tous ces hommes allaient se dresser ce jour-là pour la juger, parce qu’elle leur donnait mauvaise conscience et qu’ils voulaient s’en débarrasser à tout prix, car elle leur rappelait leur propre péché. Ils l’ont poursuivie avec des pierres pour appliquer la Loi qu’ils avaient apprise, en oubliant la miséricorde de Dieu envers eux. Ils l’ont traînée dans les rues, se sont rassemblés autour d’elle et l’ont poussée jusqu’à Jésus. Ils pensaient lui faire porter la responsabilité de leur manque de miséricorde, et faire comme Pilate qui s’est lavé les mains du sang de Jésus.
Fièrement, ils lui ont dit : « Maître, cette femme est une adultère, et la Loi dit qu’il faut la lapider à mort. »
Jésus s’est baissé et s’est mis à écrire sur le sol, peut-être pour qu’ils se rappellent que Dieu nous a créés de la poussière et que nous retournerons à la poussière. Il écrivait du doigt ; moi, j’imagine qu’il écrivait : « Père qui es aux cieux, pardonne-leur leurs péchés. »
La femme adultère est jetée à terre. Imaginez avec moi ce qu’elle ressent à cet instant, mettez-vous à sa place : tout le monde vous juge, tout le monde veut vous lapider, et vous attendez une parole qui intercède pour vous. Toute votre vie défile devant vos yeux en un instant, qui pourrait être le dernier de votre vie, comme pour cette femme qui a regretté chaque instant de sa vie et a vu que toute sa vie ne valait pas un instant passé debout devant Dieu, rempli de péché. Elle a vu qu’il y avait beaucoup de bonnes choses qu’elle aurait dû faire et qu’elle n’a pas faites, et beaucoup de mauvaises choses qu’elle n’aurait pas dû faire et qu’elle a faites.
Quelqu’un demande à Jésus : « Maître, que devons-nous faire ? » Comme pour dire : si vous m’appelez Maître, c’est que je connais la Loi, dont le but est la miséricorde, ô cœurs endurcis. Et il ajoute : « Que celui d’entre vous qui est sans péché lui jette la première pierre » ; sinon, qu’il ait pitié d’elle. C’est étrange comme, avec Jésus, tout tient à un point : en arabe, il a retiré le point placé sous la lettre « jīm » (ج), qui est devenue un « ḥā’ » (ح), et au lieu du mot « irjumhā » (« lapide-la »), il y a eu le mot « irḥamhā » (« aie pitié d’elle »).
N’aie pas peur, mon frère, ô homme : même si tu as des points noirs qui mériteraient que tu sois « lapidé » (« tinrijim »), viens à moi, et je t’assure que tu obtiendras miséricorde (« tinriḥim »).
Jésus, je t’aime, et je ne suis pas capable d’être à la hauteur de ton amour, mais je sais que tu es fidèle à ta promesse : même si nos péchés sont noirs, tu peux les rendre blancs comme la neige. Jésus, je te dis :
« J’ai confiance en toi. »
Préparé par Élie Abou Zeidan



