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La fête de la Théophanie

Dayem, dayem ! La fête de la Théophanie

« Lors de ton baptême dans le Jourdain, Seigneur, fut manifestée l’adoration due à la Trinité ; car la voix du Père te rendait témoignage en te nommant Fils bien-aimé, et l’Esprit, sous forme de colombe, confirmait la certitude de cette parole. Ô Christ Dieu, qui t’es manifesté et as illuminé le monde, gloire à toi ! »

Dans la nuit du 5 au 6 janvier de chaque année, on célèbre une fête appelée en langage populaire « Dayem dayem » ou « Ghtas », et que les Églises appellent le Denh, la commémoration du baptême du Seigneur Christ dans le Jourdain, ou la Théophanie.

Cette nuit-là ont lieu de belles coutumes que nous avons héritées de nos ancêtres et que nous transmettons encore à nos petits-enfants, dans l’espoir de ne pas les perdre. Cette nuit est appelée « Dayem dayem » parce que, selon la croyance populaire, le Christ visite cette nuit-là toute la terre, qui s’incline pour l’accueillir, jusqu’aux arbres, sauf le figuier qu’il avait maudit. C’est pourquoi les mères pétrissent à la maison une petite pâte sans levain qu’elles accrochent aux arbres (sauf au figuier, bien sûr), dans l’espoir de recevoir la bénédiction du Christ qui passe à minuit, puis elles s’en servent pour bénir le pétrin, qui était le pilier et le capital de la maison villageoise.

Parmi les autres coutumes, les villageois ouvrent cette nuit-là toutes leurs jarres d’huile et de grains et toutes leurs provisions, pour demander la bénédiction et qu’elle demeure toujours dans la maison. Et comme pour chaque fête, ceux qui la célèbrent offrent toutes sortes de douceurs, dont les plus célèbres sont les awamat et la zalabieh, plongées dans l’huile bouillante puis dans le sirop, qui deviennent un délice que les grands s’arrachent avant même les petits. On sait aussi que les cloches sonnent à minuit et que l’on célèbre des messes solennelles en l’honneur de Celui qui passera cette nuit-là… qui passera et visitera toutes les maisons et tous les cœurs qui sont prêts.

Dayem, dayem : que demeurent toujours dans vos maisons et dans vos cœurs l’amour, la paix, la sérénité et l’espérance.

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