« La sainteté convient à ta maison, Seigneur, pour la suite des jours » (Psaume 93, 5)
Chers enfants spirituels, mes frères dans le Christ Jésus, pères prêtres et fidèles bénis du Canada,
Après vous avoir adressé la bénédiction, la prière et la paix dans le Seigneur Jésus, j’ai la joie de vous féliciter tous à l’occasion de la fête de la naissance selon la chair de notre Seigneur Jésus Christ et du Nouvel An, et je vous souhaite des jours couronnés de joies spirituelles et de santé physique.
Je saisis cette occasion pour m’adresser à vous, mes bien-aimés, par cette lettre pastorale d’orientation, qui sera suivie d’autres lettres pastorales, si le Seigneur le veut et si nous vivons. J’y aborde des questions spirituelles qui demandent une explication ; certaines peuvent être très importantes, car elles touchent à la vie de sainteté et au salut de nos âmes.
Nous parlerons aujourd’hui des fêtes. Ce n’est pas une affaire de la vie quotidienne, mais un événement social qui peut se répéter plusieurs fois par an dans la vie d’une personne ; c’est pourtant un sujet important, lié au salut de nos âmes.
On nous demande donc :
Un chrétien peut-il assister à des fêtes ou en organiser ?
Les institutions de l’Église peuvent-elles le faire ?
La question est-elle claire, ou est-ce une zone grise, un point de débat compliqué ?
On ne peut pas répondre à de telles questions par oui ou par non, car il faut examiner les éléments qui composent ces fêtes.
La réponse de principe, simple, pourrait être : oui, c’est permis, à condition que ces fêtes soient exemptes de péchés et d’occasions de chute.
Dans le monde, certaines fêtes organisées par les gens de ce monde sont dominées par le diable, qui les remplit d’une atmosphère de péché pouvant faire tomber les gens et les conduire à la perdition éternelle à leur mort, faute de conversion. Dans cette atmosphère de péché abondent les tenues indécentes et provocantes, les chansons au contenu sexuel grossier, les danses lascives, les danseuses presque nues aux danses provocantes, l’alcool jusqu’à l’ivresse, le haschisch et la drogue, et ainsi de suite. Le plus grave, c’est que c’est devenu un phénomène social général : on rivalise en ces choses et on les fait sans aucun sentiment de culpabilité, parce que les consciences se sont engourdies et que la crainte de Dieu les a quittées.
Malheureusement, beaucoup de chrétiens se sont mis à imiter les gens du monde dans la plupart des aspects de leur vie, y compris les fêtes ; ils commettent toutes ces choses ou une partie d’entre elles, selon le degré de leurs compromis, sans aucun égard pour les commandements de Dieu et ses préceptes :
certains par ignorance ;
d’autres parce qu’ils ne se convertissent pas et s’adonnent à diverses convoitises ;
d’autres par tiédeur et paresse dans la prière et la pratique des vertus ;
d’autres par orgueil et dureté de cœur ;
et d’autres encore par indifférence et absence de crainte devant le redoutable jugement de Dieu.
Si le croyant chrétien imite les gens du monde dans leur manière de faire la fête, ou se place dans une telle atmosphère, ne s’expose-t-il pas à tomber dans de nombreux péchés ?
Oui, bien sûr, il s’y expose.
Il y a le risque de tomber dans le péché de la convoitise de la chair, dont le Seigneur Jésus a dit : « Tout homme qui regarde une femme avec convoitise a déjà commis l’adultère avec elle dans son cœur » (Matthieu 5, 28). Ce péché précis, l’adultère du cœur, le diable ne se lasse pas d’en tenter même les plus grands saints, à plus forte raison les enfants de Dieu négligents. Bien plus, la Bible nous rapporte que le diable en a séduit certains enfants de Dieu négligents, qui sont ensuite tombés dans des situations d’adultère réel très graves, détestées même par les pécheurs eux-mêmes, comme l’inceste. La Bible nous recommande de résister au diable pour qu’il s’enfuie loin de nous ; mais l’impureté est l’une des tentations que l’Écriture nous demande non pas d’affronter, mais de fuir (1 Corinthiens 6, 18), comme l’a fait le juste Joseph, fils de Jacob, quand il s’est enfui loin de la femme de Potiphar et a préféré passer des années en prison plutôt que de faire le mal aux yeux de Dieu. Quand le feu prend, les gens périssent brûlés s’ils ne s’enfuient pas loin du feu.
Il y a le risque de tomber dans le péché d’ivresse, dont l’apôtre Paul dit : « Ni les voleurs, ni les profiteurs, ni les ivrognes, ni les insulteurs, ni les escrocs n’hériteront du royaume de Dieu » (1 Corinthiens 6, 10). Si le croyant tombe dans l’ivresse, il perd sa lucidité et la maîtrise de lui-même, sa volonté et sa résistance s’affaiblissent, et il devient vulnérable au péché de la convoitise de la chair, ainsi qu’aux péchés de la langue, aux plaisanteries déplacées et à la vaine gloire.
Il y a aussi le risque de tomber dans le péché de scandale envers les petits, c’est-à-dire ceux dont la foi est petite ou qui sont jeunes. C’est un péché très grave, qui attire le malheur sur celui qui le commet, et dont le Seigneur Jésus a dit : « Il est inévitable que surviennent des scandales, des occasions de chute ; mais malheureux celui par qui cela arrive ! Il vaut mieux qu’on lui attache au cou une meule en pierre et qu’on le précipite à la mer, plutôt qu’il soit une occasion de chute pour un seul des petits que voilà » (Luc 17, 1-2).
Que se passe-t-il donc si le chrétien s’expose à cette atmosphère et tombe dans tous ces péchés ou dans certains d’entre eux ?
Il souille son cœur et son esprit… Il se met dans une situation de rupture de communion et d’inimitié avec Dieu… Il attriste l’Esprit Saint qu’il a reçu le jour de son baptême… Et il accumule contre lui une colère qui s’abattra sur lui au jour de la colère, c’est-à-dire au jour du jugement, s’il ne se convertit pas, parce qu’il a méprisé la patience de Dieu et l’a offensé ; surtout s’il assiste à la divine liturgie sans s’être repenti et ose recevoir indignement le Corps et le Sang du Seigneur, ajoutant ainsi à sa condamnation, pour avoir traité à la légère ce grand mystère, le mystère de l’amour divin, le mystère qui a coûté à notre Seigneur Jésus des outrages, des blessures, son sang, des souffrances terribles et enfin la mort.
Ce qui peut beaucoup attrister Dieu et le mettre en colère, c’est que certains de ses enfants, non seulement se laissent aller à organiser des fêtes sans retenue ni vigilance face au péché, mais les organisent après avoir reçu le sacrement du mariage… ou après que leurs enfants ont reçu le sacrement du baptême… et de la confirmation (le saint chrême)… et du Corps et du Sang du Seigneur lors de la communion solennelle. On passe ainsi d’une atmosphère de crainte de Dieu, de prière, de conversion, de pureté, de recueillement, de foi, de grâce et de descente de l’Esprit Saint à une atmosphère purement mondaine qui ne se garde pas du péché.
Y a-t-il un péché plus grand que de se permettre de faire des occasions où l’Esprit Saint donne ses dons une occasion de pécher ?
Plus grave encore : parce que le croyant s’est laissé entraîner à copier et imiter le monde sans discernement, sans limites ni règles, la fille du Christ en est venue à porter des vêtements provocants et indécents et à oser entrer ainsi dans la maison de Dieu, l’église, sans aucune honte et sans tenir compte de la présence de Dieu ; elle attire ainsi sur elle un grand jugement, car elle offense la majesté de Dieu.
Mes bien-aimés : s’il n’est pas permis aux enfants de Dieu d’être négligents en cette matière dans les lieux publics, combien moins dans la maison du Dieu vivant, l’église, où se trouve le saint autel et où le Seigneur Jésus est présent dans la sainte Eucharistie ? Hélas, combien nous avons été négligents et audacieux !
Comment donc le chrétien doit-il se comporter ?
Le chrétien né du baptême, dont l’esprit a été illuminé et qui est devenu enfant de Dieu, doit se garder des ruses du diable et marcher selon les commandements de Dieu avec une grande rigueur, se préservant de toutes sortes de péchés et d’occasions de chute, et du scandale envers les faibles. Il doit donc examiner avec soin les fêtes auxquelles il participera ou qu’il organisera, en gardant la crainte de Dieu devant les yeux.
Il doit réfléchir sérieusement au salut de son âme, au redoutable jour du jugement et aux comptes qu’il rendra ce jour-là pour les péchés commis en cédant à la pression de la société et en imitant les gens de ce monde. Il faut donc :
Premièrement, veiller à la décence de la tenue : il n’est pas permis à la fille du Christ de porter des vêtements indécents, très moulants ou transparents, ou courts au point de ne pas couvrir le genou, ou qui ne couvrent pas entièrement la poitrine et le dos. D’une manière générale, il n’est pas permis à la fille du Christ de porter, par mode, un vêtement provocant qui fasse tomber les autres, surtout s’il ne lui permet pas de rester couverte lorsqu’elle s’assoit ou se penche.
Deuxièmement, choisir des chansons convenables, vérifier leur contenu et s’assurer qu’elles ne contiennent ni contenu immoral direct ni allusion indirecte qui souille l’esprit et le cœur et ouvre la porte au diable pour faire tomber les enfants de Dieu dans la convoitise charnelle. Elles sont si nombreuses aujourd’hui, ces chansons qui deviennent d’autant plus célèbres et répandues que leur contenu est plus immoral !
Troisièmement, s’abstenir des danses provocantes, des attouchements qui ne sont pas innocents et des baisers réservés à la chambre conjugale.
Quatrièmement, éviter l’ivresse ; et si quelqu’un peut s’enivrer avec un seul verre, qu’il évite complètement l’alcool.
Cinquièmement, s’abstenir totalement d’imiter ce qui se fait dans les mariages occidentaux avec le retrait de la jarretière, qui se fait sans pudeur sous les yeux de tous les invités et devant les yeux de feu du Seigneur Jésus. Que Dieu ait pitié de nous !
Sixièmement, s’abstenir totalement de faire venir des danseuses presque nues pour exécuter des danses lascives, et s’abstenir totalement de se trouver dans des fêtes qui permettent cette indécence. Et si le chrétien est surpris par une telle indécence, il doit quitter les lieux immédiatement, sans hésiter ni réfléchir.
Septièmement, que les jeunes gens et les jeunes filles, enfants de Dieu, qui s’apprêtent à se marier se gardent de se laisser aller à organiser ce qu’on appelle un enterrement de vie de garçon ou de jeune fille, avec ce qu’il comporte d’ivresse, d’indécence et d’impureté.
Enfin, mes bien-aimés, enfants de Dieu, pour que le chrétien s’assure d’une atmosphère exempte de péché et d’occasions de chute dans la fête qu’il organise, je lui suggère d’expliquer aux invités, sur le carton d’invitation, quelle sera l’atmosphère de la fête et quels en seront les engagements. De même qu’autrefois, et peut-être encore aujourd’hui, on demandait sur le carton d’invitation de ne pas amener d’enfants, de remplacer les cadeaux par de l’argent, ou, pour une soirée officielle, de venir en tenue de soirée, les enfants de Dieu peuvent aujourd’hui s’inspirer de ces exemples, tenir fermement à une vie de sainteté, demander aux invités de venir en tenue décente et les informer que les différents moments de la fête, chants, danses et boissons, respecteront ce qui convient à la présence du Seigneur Jésus. Cette suggestion peut sembler étrange au premier abord. Peu importe : soyons des exemples pionniers pour nos familles, nos amis et nos voisins, en tenant fermement à la sainteté et en refusant le péché, même si nous paraissons au début un peu bizarres dans une société qui rivalise dans le péché.
Mais si le chrétien est invité à une fête, et qu’il a décidé de vouloir hériter du royaume de Dieu et de ne pas faire de compromis sur ses commandements et sur la vie de pureté, que doit-il faire ?
Si ce chrétien sait d’avance que l’atmosphère l’exposera à la tentation et aux occasions de chute, il doit s’excuser de ne pas venir, ou du moins accomplir le devoir de félicitations, puis partir au moment opportun, avant que les occasions de chute ne commencent.
Reste la question : les institutions de l’Église peuvent-elles organiser des fêtes ?
Les responsables qui servent dans les institutions de l’Église doivent bien comprendre que leur responsabilité devant Dieu est grande et qu’ils en rendront compte : on n’y échappe pas.
Si donc ils veulent organiser une activité sociale, et surtout une fête, ils doivent veiller soigneusement et fermement à ce qu’elle soit entièrement sans péché, qu’elle ait lieu dans les locaux de l’Église ou dans une salle louée à l’extérieur.
Ils doivent établir sérieusement des règles et des consignes pour un comportement conforme à la volonté de Dieu, sans péché, et les annoncer aux fidèles à plusieurs reprises pendant plusieurs semaines.
Ils doivent être sages mais fermes dans leur application, sans relâchement ni compromis avec ceux qui veulent permettre le péché et les occasions de chute dans des activités organisées au nom de l’Église de Dieu.
Et puisque l’activité concerne l’Église, ces règles doivent être plus strictes que celles des activités personnelles, de peur d’attirer sur nous une double colère de Dieu. Et pour éviter les divergences sur le critère permettant de mesurer la décence des chansons et des danses et la quantité d’alcool, je recommande à tous nos bien-aimés qui travaillent dans les institutions de l’Église de s’engager, à partir de la nouvelle année, à ce qui suit :
Premièrement : ne permettre aucune chanson, et la remplacer par de la musique adaptée aux danses folkloriques collectives et mesurées de la dabké.
Deuxièmement : ne permettre aucune boisson alcoolisée, et la remplacer par des boissons sans alcool.
Si cela s’avère impossible pour les institutions de l’Église, il ne faut pas céder à la voix de la foule, mais prendre la décision ferme de ne pas organiser l’activité, selon la parole du Seigneur : « Si ton œil droit entraîne ta chute, arrache-le et jette-le loin de toi, car mieux vaut pour toi perdre un de tes membres que d’avoir ton corps tout entier jeté dans la géhenne. Et si ta main droite entraîne ta chute, coupe-la et jette-la loin de toi, car mieux vaut pour toi perdre un de tes membres que d’avoir ton corps tout entier qui s’en aille dans la géhenne » (Matthieu 5, 29-30).
Celui qui est en position de responsabilité rendra des comptes doublement : pour lui-même et pour les autres.
Il doit donc interdire ce qu’il faut interdire, et aussi organiser et fixer des règles pour qu’il n’y ait pas d’occasions de chute. Car si nous creusons une fosse pour poser les fondations d’une maison que nous voulons construire, sans la clôturer ni prendre toutes les précautions, et que quelqu’un y tombe, toute la responsabilité retombera sur nous.
Ou si la neige tombe devant la maison et que nous ne faisons pas notre devoir de la déblayer, et que quelqu’un glisse, c’est encore nous qui en répondrons.
Ce qui s’applique au droit civil s’applique aussi à la vie éternelle. C’est pourquoi le Seigneur a dit des occasions de chute : « Malheureux celui par qui cela arrive ! Il vaut mieux qu’on lui attache au cou une meule en pierre et qu’on le précipite à la mer, plutôt qu’il soit une occasion de chute pour un seul des petits que voilà » (Luc 17, 1-2).
Et le clergé, de tous les degrés, marié ou non : lui convient-il d’assister à des fêtes ?
Ce qui s’applique au fidèle laïc s’applique à plus forte raison à tout le clergé.
S’il n’est pas permis au chrétien laïc de participer à des fêtes ou d’en organiser lorsqu’elles ne respectent pas les commandements de Dieu et n’évitent pas les péchés et les occasions de chute, à bien plus forte raison cela n’est-il pas permis au clergé.
Comment le clergé pourrait-il le faire, lui qui est l’intendant de Dieu, à qui sont confiés les saints mystères, l’enseignement de la sainteté et la réprimande du péché ?
Comment le clergé ose-t-il s’exposer au risque de souiller ses oreilles, ses yeux, son esprit et son cœur ?
Comment peut-il exhorter le troupeau du Christ à une vie de pureté et à la vigilance face aux tentations s’il est lui-même indifférent ? Non, mes chers frères, non : cela n’est pas permis.
Concrètement, que doit faire le clergé s’il est invité à de telles fêtes ?
Il peut s’excuser de ne pas y aller,
ou bien poser comme condition de venir seulement pour bénir et partager le repas, s’il est prêt, puis féliciter ceux qui l’ont invité et partir le plus vite possible.
Ainsi, il se protège de la tentation : d’une part, il ne peut pas garantir ce que sera l’atmosphère quand on commencera à boire, à chanter et à danser ; d’autre part, il ne convient pas au clergé, de tous degrés et de toutes conditions, qui a consacré sa vie à s’attacher à Dieu, à le servir et à tendre vers la perfection, de passer son temps aux affaires de ce monde, même sans péché. Car son modèle est Marie, qui a choisi la meilleure part, qui ne lui sera pas enlevée, et non Marthe, inquiète et préoccupée de beaucoup de choses (Luc 10, 41-42). C’est pourquoi je recommande à tous nos chers membres du clergé au Canada de se conduire ainsi.
J’en viens maintenant à une histoire bien connue : celle des noces de Cana en Galilée. Justifie-t-elle les fêtes ou les interdit-elle ? Comment devons-nous la comprendre ?
D’un côté, certains interdisent le principe même des fêtes et les considèrent en elles-mêmes comme un péché, purement et simplement, même si elles respectent les commandements et les préceptes du Seigneur et évitent les péchés et les occasions de chute. Cette position est extrême et demande à être tempérée et revue ; et l’histoire de la présence du Seigneur Jésus, de la Vierge Marie et des disciples aux noces de Cana en Galilée, où le Seigneur a changé l’eau en vin, est précisément une réponse à cet extrémisme.
D’un autre côté, certains se servent de cette histoire pour justifier des fêtes qui ferment les yeux sur les péchés et les occasions de chute, en invoquant la présence du Seigneur Jésus à ces noces. Ils se trompent gravement, car ils font du Seigneur Jésus, de sa Mère et de ses disciples des serviteurs du péché qui l’approuveraient. Loin du Seigneur et d’eux une telle chose !
Regardons nos mères et nos grands-mères au XXe siècle : leur décence dans l’habillement et leur comportement réservé aux mariages et aux fêtes. Si telle était notre situation au XXe siècle, que penser de celle des femmes au temps du Seigneur Jésus, quand la décence exigeait, dans la société juive, non seulement des vêtements longs mais aussi que la tête soit couverte ?
Et si le zèle pour la maison de son Père a dévoré le Seigneur Jésus lorsqu’il est entré au Temple après les noces de Cana et a renversé les tables des voleurs, puis les a renversées de nouveau plus de trois ans après, lors de son entrée à Jérusalem aux Rameaux, se serait-il tu devant des péchés commis sous ses yeux à des noces, comme ils se commettent dans les fêtes de nos jours ?
Prenons donc garde, mes bien-aimés, nous qui utilisons les noces de Cana comme preuve que le Seigneur approuve nos péchés : ce faisant, nous blasphémons contre Dieu.
Le Seigneur Jésus nous aime, nous les pécheurs, mais il déteste nos péchés. Il nous aime, c’est pourquoi il ne nous demande pas des comptes aussitôt que nous commettons nos fautes ; s’il le faisait, ce serait juste ; mais il est patient envers nous, triste, irrité et souffrant, pour que nous nous convertissions. Le but de sa patience est de nous donner une occasion de conversion ; mais si nous abusons de la patience de Dieu et en faisons une nouvelle occasion de pécher, nous accumulons contre nous une colère plus grande que la première, qui se déversera sur nous au jour du jugement.
Certains d’entre nous pensent peut-être que ces paroles sont dures et ne concernent que les consacrés, surtout les moines. Cette idée doit être corrigée. Le consacré n’est pas seulement celui qui est devenu moine ou a été ordonné diacre, prêtre ou évêque : la consécration commence au baptême, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. La personne est alors consacrée, renaît spirituellement et devient enfant de Dieu ; son corps aussi est consacré et devient un temple où habite l’Esprit Saint. C’est la consécration commune.
Ensuite, si notre Dieu bon le veut, il peut choisir ce baptisé et le consacrer d’une autre consécration, pour qu’il porte des talents selon ses capacités et selon le bon plaisir de la volonté de Dieu.
Celui qui a été consacré à Dieu par le baptême a la promesse de la vie éternelle ; il doit marcher dans la sainteté comme notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ a marché, à qui soit la gloire, et imiter la foi et la vie de notre Mère la Vierge Marie, des saints Apôtres et de tous les saints.
Ainsi, la chasteté, c’est se garder de l’impureté du corps et de l’adultère du cœur ; c’est un commandement pour lequel doivent lutter les personnes mariées et non mariées, le clergé comme les fidèles, enfants de Dieu consacrés par le saint baptême.
Je crains, mes bien-aimés, que vous ne pensiez que j’exagère, et que je ne paraisse plaisanter à vos yeux, comme Loth aux yeux de ses gendres lorsqu’il leur dit : « Debout ! Sortez de ce lieu, car le Seigneur va détruire la ville » (Genèse 19, 14). Je voudrais donc que nous écoutions tous ici, avec sérieux, ce que dit l’apôtre Paul de ceux qui n’hériteront pas du Royaume : « Ne savez-vous pas que les injustes n’hériteront pas du royaume de Dieu ? Ne vous y trompez pas : ni les débauchés, ni les idolâtres, ni les adultères, ni les dépravés et les sodomites, ni les voleurs, ni les profiteurs, ni les ivrognes, ni les insulteurs, ni les escrocs n’hériteront du royaume de Dieu » (1 Corinthiens 6, 9-10).
Et aussi la parole du Seigneur Jésus sur la conversion : « Si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même » (Luc 13, 3).
Et encore sa parole sur le chemin qui mène au Royaume : « Entrez par la porte étroite. Elle est grande, la porte, il est large, le chemin qui conduit à la perdition ; et ils sont nombreux, ceux qui s’y engagent. Mais elle est étroite, la porte, il est resserré, le chemin qui conduit à la vie ; et ils sont peu nombreux, ceux qui le trouvent » (Matthieu 7, 13-14). Et aussi : « Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite, car, je vous le déclare, beaucoup chercheront à entrer et n’y parviendront pas. Lorsque le maître de maison se sera levé et aura fermé la porte, si vous, du dehors, vous vous mettez à frapper à la porte en disant : “Seigneur, ouvre-nous”, il vous répondra : “Je ne sais pas d’où vous êtes” » (Luc 13, 24-25).
Ce qui m’a poussé, mes bien-aimés, à écrire cette lettre paternelle, c’est d’abord mon devoir sacerdotal et pastoral, qui m’oblige à avertir les pécheurs du péché pour qu’ils se convertissent et ne meurent pas dans leurs péchés pour aller à la perdition éternelle, car leur sang me serait réclamé au jour du jugement ; et malheur à moi si je ne le fais pas. C’est ensuite mon amour et mon zèle pour vous, grands et petits, et mon désir que nous soyons tous saints, avec de bonnes œuvres qui fassent rendre gloire à notre Père céleste par ceux qui les voient. Car le Seigneur veut la sainteté, sans laquelle personne ne verra la face de Dieu.
Si je vous aime, je ne dois pas faire de compromis avec vous ni chercher à vous plaire, car si je vous plaisais en ce qui n’est pas de Dieu, je ne plairais pas à Dieu.
Lettre pastorale
de l’archevêché syriaque orthodoxe du Canada




